Rencontré vendredi passé à la salle de Boghni, où donnait a fait un stage technique aux karatékas du kyokushinkaï de la région, Mohand Arezki El Hadjen nous a livré ses impressions sur ce style nouveau des arts martiaux, les problèmes rencontrés et sa structuration en Algérie.
La Dépêche de Kabylie : Tout d’abord, monsieur El Hadjen, présentez-vous aux lecteurs de la Dépêche de Kabylie.
H. M. A. : Je m’appelle Mohand Arezki El Hadjen, natif d’Azib N’chikh (Boghni), père d’une famille de 3 enfants. Je suis 1er dan dans le style shotokan et 2e dan en kyokushinkaï. Entraîneur de 90 à 96 (shotokan) et de 96 à ce jour en kyokushinkai. C’est grâce à mon père qui m’a beaucoup encouragé en me faisant le bulding chaque jour et ce, à l’âge de 7 ans, en intégrant en parallèle une section de judo. A 12 ans, j’ai eu la ceinture marron, par la suite j’ai changé de style en optant pour le shotokan.
Comment avez-vous atterri dans ce nouveau style de kyokushinkaï-karaté ?
ll Après avoir pratiqué le shotokan et formé des athlètes dans ce style, j’ai eu l’opportunité, par l’intermédiaire de mon ami entraîneur, Rachid Benbelkacem (2e dan), et en me déplaçant jusqu’à Oran pour apprendre ce style chez le moniteur Miloud Doukara, un Oranais grade de 3e dan, tout en m’entraînant chez Rachid à Assi Youcef (92-96). Par la suite, j’ai fait mon passage de grade avec brio en obtenant la ceinture noire (2e dan) en kyokushinkai.
Le kyokushinkaï est pratiqué dans plusieurs pays du monde (120 pays) mais chez nous, en Algérie, aucune structure nationale dans ce sens. Pourquoi ?
ll Au début, on a essayé avec Doukara de créer cette structure, mais le projet est tombé à l’eau après que ce dernier fut parti aux USA pour une compétition où il a eu un titre dans sa catégorie et d’où il n’est pas revenu. Cela ne nous a pas empêché, moi et Benbelkacem, d’adresser deux lettres, l’une à la Fédération française du kyokushinkai et l’autre pour son fondateur en France, Alain Sitroupe (8e dan). D’ailleurs, on a eu une réponse positive en nous orientant vers son élève qui est de la wilaya de Belabbès, Achour Benbachir (4e dan).
Par la suite, quoi de nouveau ?
ll On a fait la relation avec Benbachir, tout en traçant un programme annuel dans différentes wilayas à l’échelle nationale (8 wilayas), depuis l’an 2000, en organisant stages bloqués chaque année à Targa, dans la wilaya d’Aïn Témouchent. J’ai été nommé premier responsable technique du kyokushinkaï au niveau de Tizi Ouzou, la saison 2000-2001. L’année passée, j’ai démissionné de mon poste.
Pour quelles raisons vous êtes-vous retiré ?
ll On a tapé sur toutes les portes pour arriver à structurer cette discipline mais en vain. Alors, j’ai lâché, je n’en peux plus. Hocine Adreyène m’a remplacé. Je suis fatigué.
Mais selon des informations, ce style des arts martiaux est en voie de structuration. Donc, les jeunes ont toujours besoin de vos services, n’est-ce pas ?
ll Mais je suis toujours au service des jeunes athlètes. C’est vrai, j’ai pris un peu de recul. D’ailleurs, parmi les athlètes qui ont représenté le kyokushinkaï lors du championnat arabe en juillet 2006 figure mon élève Ahcène Haddadi qui a eu le titre du meilleur combattant dans sa catégorie et c’est à l’aide de notre association et des bienfaiteurs de la région (7 millions de centimes) qu’il a pu participer à cet événement. Malgré ce résultat, actuellement ce jeune athlète est complètement désespéré, comme moi. N’oubliez pas que j’ai des enfants à faire manger. Quant à la structuration avec la création d’une fédération du kyokushinkaï, je suis au courant de cette information ; je suis en contact avec Benbachir qui fait des mains et des pieds pour atteindre cet objectif car il y va de l’avenir de tous ces karatékas qui sont à l’échelle nationale et qui est le shinkai-karaté.
Pour clôturer…
ll Je souhaite que le kyokushinkaï se propage davantage sur le territoire national, bien sûr avec l’aide du ministère de la Jeunesse et des Sports pour structurer ce style. J’ai l’espoir : nous avons des « ceintures noires » tels que Ahcène Haddadi, Hocine Adreyène, Kamel Slimi et Sofiane Loukadir (3e place à Tunis lors du championnat arabe 2005). Merci au journal la Dépêche de Kabylie et longue vie.
Propos recueillis par Amazigh Omar
