La Dépêche de Kabylie

Les carrefours de l’art

Bessaha Tahar est un poète algérien né le 12 mars 1953 au village Takoucht, daïra et commune de Bouzeguene dans la wilaya de Tizi Ouzou.

C’est un artiste designer qui crée de très belles choses dans différents domaines de la création artistique. L’ancien étudiant diplômé de l’Ecole supérieure des Beaux Arts d’Alger (1970 -1976) et auteur de plusieurs réalisations : Illustrateur de livre à l’ IPN (Institut pédagogique national) de 1976 à 1978.

Chargé des études techniques et artistiques de l’imprimerie du bureau d’études techniques de Sonatrach de 1979 à 1990.

De 1990 à 1997 il est infographiste à Infomac et Maghreb-Action. Bessaha est auteur-compositeur de deux albums interprétés l’artiste Sofiane (Abradji Abderrahmane) réalisés durant la période allant de 1974 à 1984. Ainsi que les paroles de la fameuse chanson (À MontParnasse) chantée par Chikh El-Hasnaoui Amechttouh ; de son vrai nom Ait Rahmane, en 1974. Cet artiste prolifique est aussi auteur de travaux de communication visuelle artistique tel que la Colombe de paix (1996), ainsi que des diverses oeuvres artistiques inédites. Sans oublier la conception du recueil Culture savantes de notre cher regretté Mouloud Mammeri.

Actuellement Tahar vit et travaille dans la coquette ville d’El Kseur à Béjaïa, où il est Infographiste et gérant de Point pub. Il se consacre, entre autres, au montages et mixages en audio-vidéo. Pour les écrits littéraires et poétiques Bessaha sait parfaitement manipuler sa plume et écrire des textes mélodieux.

« Un jour, apparut un petit trou dans un cocon; un homme qui passait à tout hasard, s’arrêta de longues heures à observer le papillon, qui s’efforçait de sortir par ce petit trou.

Après un long moment, c’était comme si le papillon avait abandonné, et le trou demeurait toujours aussi petit.

On dirait que le papillon avait fait ce qu’il pouvait, et qu’il ne pouvait plus rien faire d’autre.

L’homme continua à observer, pensant que d’un moment à l’autre, les ailes du papillon s’ouvriraient et seraient capables de supporter le corps du papillon pour qu’il prenne son envol. L’homme décida alors d’aider le papillon : il prit un canif et ouvrit le cocon. Le papillon sortit aussitôt. Mais son corps maigre et engourdi; ses ailes étaient peu développées et bougeaient à peine. II n’en fut rien! Le papillon passa le reste de son existence à se traîner par terre avec son corps et ses ailes rabougries, jamais il ne put voler. Ce que l’homme, avec son geste de gentillesse et son intention d’aider, ne comprenait pas, c’est que le passage par le trou étroit du cocon était l’effort nécessaire pour que le papillon puisse transmettre le liquide de son corps à ses ailes de manière à pouvoir voler. C’était le moule à travers lequel Dieu le faisait passer pour grandir et se développer. Parfois, l’effort est exactement ce dont nous avons besoin dans notre vie.

Si Dieu nous permettait de vivre notre vie sans rencontrer d’obstacles, nous serions limités.

Nous ne pourrions pas être aussi forts que nous le sommes. Nous ne pourrions jamais voler.

J’ai demandé de pouvoir voler…

Et Dieu m’a donné des obstacles à surmonter.

J’ai demandé l’amour…

Et Dieu m’a donné des gens à aider dans leurs problèmes.

J’ai demandé la force…

Et Dieu m’a donné des difficultés pour me rendre fort.

J’ai demandé la sagesse…

Et Dieu m’a donné des problèmes à résoudre.

J’ai demandé la prospérité…

Et Dieu m’a donné un cerveau et des muscles pour travailler.

J’ai demandé des faveurs…

Et Dieu m’a donné des potentialités.

Je n’ai rien reçu de ce que j’ai demandé… Mais j’ai reçu tout ce dont j’avais besoin », écrit le poète. Ce poème très bien ficelé et tant d’autres nous rappellent, inévitablement, le célèbre écrivain brésilien Paulo Coelho.

Bessaha nous invite à réaliser notre légende personnelle dans la vie. Il nous apprend à espérer et à croire à la beauté qui est omniprésente dans notre existence.

Le fils du beau village de la Haute-Kabylie est si sensible aux merveilles qui l’entourent. Dans son poème intitulé : Béjaïa ma Bougie, il écrit un hymne à cette ville-lumière, à cette région paradisiaque qui lui inspire nombre de ses créations.

Tahar est aussi auteur de plusieurs poèmes rédigés dans la langue de Si Mohand Umhend. Peut-être qu’il n’a pu formuler ses vers les plus singuliers que dans sa langue maternelle. Tahar Bessaha est artiste qui s’exprime dans moult genres artistiques.

Tantôt par les mots, tantôt par la peinture ou même par l’image. Il livre sa philosophie de la vie et partage un bonheur incessant avec ceux qui arrivent à décrypter son œuvre. Une œuvre qui fera parler de lui pour les différentes générations.

Yasmine Chérifi

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