80 morts en moins de six mois

Durant le Ramadhan dernier, les commandos locaux de cette organisation terroriste d’obédience salafiste, n’ont point cessé de planifier leurs coups brutaux. Ce fut un long mois où l’on a déploré au total 30 morts et une quarantaine de blessés. La présence de l’islamisme fut particulièrement sanglante à Dellys, Naciria, Thenia, Chabet El Ameur et Tidjelabine.

Une semaine après l’Aïd el fitr, l’hydre islamiste frappera de nouveau dans la banlieue-est d’Alger précisément à Réghaïa et Dergana. Simultanément planifiées, ici et là, deux attentats à la voiture piégée y ont coûté la vie à deux personnes en plus de 23 blessés. Ripostant méthodiquement à cette résurgence de l’islamisme armé, les structures étatiques de sécurité accentueront leur pression sur les maquis de Boumerdès, Bouira, Boumerdès et à l’est du pays. Le bilan des différentes interventions militaires faisant alors état de l’anéantissement d’une quinzaine de terroristes, même si dans le même temps l’armée déplorait la perte de huit soldats suite à une embuscade meurtrière au nord-oued de Bouira. Entre novembre 2006 et début janvier 2007, une dizaine d’autres terroristes ont connu le même sort, particulièrement à l’est de Boumerdès. A l’actif des forces locales de sécurité, il y a aussi, selon des informations recoupées, l’arrestation d’au moins cinq terroristes actifs en plus du démantèlement de trois réseaux de soutien à l’islamisme armé alors que d’autres rafles de même type se poursuivent particulièrement à Tizi Ouzou.

Mais depuis le début de l’année en cours, la spirale de la violence islamiste s’est poursuivie ciblant pratiquement la même contrée. En plus du racket à outrance des villageois lors des faux barrages et incursions et ces autres rapts à répétition suivis d’exigences de rançons, l’islamisme a ciblé encore une fois, les structures étatiques de sécurité. Au total, sept sièges de la sûreté urbaine et de la gendarmerie nationale ont subi des attaques à la voiture piégée presque à la même heure, le 13 février 2007. Sanglante journée dont le bilan s’est élevé à sept morts et 38 blessés dans les deux départements de Boumerdès et Tizi Ouzou. Quelques jours auparavant, les groupes islamistes armés se sont manifestés dans différentes communes de Boumerdès.

Bombes à deux reprises au stade communal de Benchoud ayant coûté la vie à un policier en plus de six blessés. Simultanément deux autres bombes artisanales ont explosé devant le siège de la mairie d’Ouled Aïssa. Et toujours dans la même contrée une bombe a été désamorcée durant la même semaine devant le siège de l’APC de Baghlia.

Déplacement périlleux

La semaine passée, deux membres des GLD ont été simultanément assassinés à Thenia et Ouled Moussa. Et ce, en plus des attaques planifiées par la soldatesque de l’islamisme armé, dans les maquis pour tenter de stopper l’avancée des troupes de l’ANP vers les tanières préalablement circonscrites. Victime d’une telle résurgence des fous de Dieu, une patrouille militaire, a encore déploré, avant-hier vers 21h un blessé grave dans ses rangs sur l’axe Ouled Aïssa-Zbarbar, au nord-ouest de Bouira. La veille du week-end dernier, une dizaine d’attaques similaires a été pratiquement mise en échec, dans différents coins de Kabylie grâce à la vigilance des services de sécurité.

L’armée qui a d’ailleurs réitéré il y a un mois son appel aux citoyens pour une contribution efficace dans la lutte antiterroriste) affiche, certes sa volonté d’en finir avec l’islamisme armé. Mais l’objectif ne peut être atteint, estiment à juste titre de nombreux observateurs de la scène politico-sécuritaire, tant que les hordes de tueurs affiliées à El Qaïda disposent de relais, d’une certaine manière, particulièrement dans la classe politique.

De Constantine, Boudjerra Soltani qui s’intéresse plutôt aux élections a signifié clairement selon un compte rendu de presse,que l’actualité ne se limite pas aux bombes de Boumerdès et à l’affaire El Khalifa.

Salim Haddou