L’ancien siège de l’APC a été cédé pour la garnison de l’ANP stationnée à Saharidj et qui occupait auparavant des locaux trop exigus et vétustes. Louable initiative d’autant plus que le siège qu’occupent actuellement les militaires était une ancienne caserne de l’armée coloniale fortifiée par un mur d’enceinte construit en dur avec de la pierre bleue et qui a bénéficié d’une extension ayant servi de locaux administratifs à l’APC. Ce nouveau siège offre toutes les commodités pour les militaires : un parc protégé, suffisamment de dortoirs et de bureaux, mais il se trouve que l’ancien siège de la Garde communale jouxtant celui de l’actuelle caserne a été annexé à cette dernière après que le détachement de la Garde communale eut aménagé dans son nouveau siège. Le siège annexé a été construit en R+1 avec une assez grande terrasse. L’appréhension de n’importe quel « observateur averti » commence au moment où l’on constate que le rez-de-chaussée de la bâtisse est aménagé en hangars transformés en… locaux commerciaux cédés à des particuliers qui exercent au-dessous des militaires (on dénombre pas moins de cinq magasins). Il est pratiquement et même théoriquement impossible aux militaires et même aux bénéficiaires de ces locaux de surveiller ou contrôler les personnes entrant ou sortant et se comptant par dizaines chaque jour dans ces commerces dont les issues donnent directement sur la RN 30. Est-il logique d’ouvrir des commerces presque à l’intérieur d’une caserne, au moment où le terrorisme redouble de férocité dans les attentats à la bombe en ciblant les sièges des services de sécurité ? Si la présence de cette garnison en ces lieux est fort utile et rassurante pour la population, celle de ces commerces par contre est préoccupante et angoissante.
Omar Soualah
