« Pour le rapprochement avec les autres forces démocratiques »

« Nous avons inscrit d’emblée le rassemblement des démocrates, républicains comme objectif prioritaire, et c’est même l’un des éléments fondateurs de l’UDR », a déclaré Amara Benyounès président de l’Union pour la démocratie et la république (UDR), dans l’interview qu’il a accordé au quotidien El Watan, publiée hier.

« Notre parcours depuis 1990, nous a appris à dépasser un certain nombre de certitudes qui ont fait des dégâts dans les rangs des démocrates républicains, incapables en deux décennies de se rassembler, pour offrir une alternative de progrès à l’Algérie », dira-t-il et d’ajouter que « l’UDR n’a jamais exclu le rapprochement avec toutes les forces qui partagent le même projet de société ». Cependant, pour lui, si tout le monde est nécessaire, personne n’est indispensable. Une phrase qui renvoie les formations politiques de mouvance démocratique à leur stricte volonté de s’inscrire dans une démarche unitaire.

Il a rejeté le fait qu’il y ait une quelconque relation entre son soutien au programme présidentiel, et la demande d’agrément de son parti, l’affirmer serait, selon lui, « faire fi de notre haute idée de la morale politique que de lier la question de l’agrément de l’UDR » à son soutien au programme du Président. Le sujet de l’agrément doit, en outre, intéresser la presse.

Abordant les élections, M. Benyounès dira que nous en saurons « davantage dans les tout prochains jours ». Toutefois, il ne considère pas les législatives comme une fin en soi.

Sur le soutien des islamistes au même programme présidentiel ? L’ex-numéro 2 du RCD, tout en soulignant que son soutien émane d’une conviction, se demande si on doit aussi abandonner Dieu et l’Algérie dont ils se disent faire partie, en fustigeant au passage le gouvernement actuel qui manque, selon lui, non seulement de volonté mais aussi de compétences.

Revenant sur la crise de Kabylie, le président de l’UDR avouera que la colère persiste toujours en dépit des « accomplissements » réalisés. Quelques dossiers restent préoccupants, telle la revendication identitaire, malgré la constitutionnalisation de tamazight, l’insécurité, l’état de déliquescence de l’activité économique et l’absence criante d’investissements, mais aussi une crise de confiance profonde et visible entre les citoyens, d’une part, et les acteurs politiques d’autre part, le dénouement de cette crise passe, selon lui, par la réunion des conditions nécessaires à un débat franc et serein. A ce propos, les prochaines législatives pourraient jouer, d’après lui, « un rôle décisif et le taux de participation au scrutin du 17 mai prochain sera un indicateur fort à ce sujet ».

Interrogé sur la probable révision de la Constitution, M. Benyounès répond que celle-ci a plus besoin d’être respectée que d’être changée et que sa formation s’exprimera une fois son contenu connu. En outre il affirmera que l’ouverture du champ audiovisuel s’impose, mais il affirme qu’il doit être soumis à des règles. Au chapitre économique,

M. Benyounès plaide pour le passage d’une économie étatique à une économie de marché et d’une économie pétrolière à une économie de production de richesses. « Il faut accélérer les privatisations et créer un environnement favorable à l’investissement », a-t-il entre autres recommandé. Pour ce faire, l’orateur conditionne celles-ci par la réforme révolutionnaire des banques, la simplification des procédures de création d’entreprises, la facilitation et la réduction du coût d’accès au foncier, la réforme des Douanes et du système fiscal, tout en encourageant les petits crédits. Aussi, faut-il une lutte sans merci contre le « trabendo » de même que le retour au week-end universel devient une urgence majeure.

Yassine Mohellebi