L’école Ali-Oudiai sinistrée

Les dernières fortes chutes de pluie qui ont touché le pays ces derniers jours, ont provoqué des dégâts et des inondations importantes dans la commune d’Aït Aïssa Mimoun, relevant de la daïra de Ouaguenoun. Des élus et d’autres citoyens nous ont invité à une virée pour constater de visu les dommages occasionnés par ces pluies torrentielles, particulièrement au niveau de l’école Ali-Oudiai se trouvant dans l’ex-chef-lieu de cette commune. En effet, les eaux ont inondé l’annexe de formation professionnelle et ont provoqué la coupure de la route.

L’établissement le plus touché reste l’école primaire Oudiai. « Il était plus de minuit lorsque des torrents d’eau ont envahi toute l’école, sur fond de bruit terrible. J’ai eu juste le réflexe de faire évacuer sur le champ les membres de ma famille vers un autre lieu », nous a raconté un enseignant résidant dans cette école. Cette inondation a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi derniers, nous a-t-on informé. La cour de l’école a été envahie, en plus des eaux déchaînées, par des gravats et des détritus de tous genres. La matinée, les services de l’APC et d’autres entrepreneurs à titre bénévole ont dépêché sur les lieux des engins pour le nettoyage de l’établissement. Mais il garde toutefois des traces de l’inondation. Les cours sont à l’arrêt depuis maintenant trois jours. Les salles de cours sont toujours noyées sous la boue et les résidants de cette école ont vécu une nuit cauchemardesque. Les eaux ont traversé l’école de toutes parts. Sous la furie des eaux, un mur de clôture a cédé. Par la suite, c’est le cimetière des chouhada et d’autres habitations situées en bas de l’école qui ont été touchés par les pluies torrentielles.

Ces intempéries ont dégradé un peu plus cette école, construite en 1952, les citoyens ont par un passé proche, déjà soulevé les insuffisances et les dégradations de cet établissement. En plus des eaux de pluie, les eaux usées se sont mêlées au sinistre. Ce qui a crée plus de panique chez les habitants de cette école. D’ailleurs, les autorités ont dépêché sur les lieux une équipe qui a procédé à la désinfection de l’annexe de formation et de l’école. Des citoyens et des élus nous ont invité à voir ailleurs, la cause de ces inondations : « Ce n’est pas la pluie qui a provoqué tous ces dégâts mais c’est bien la négligence et la passivité de nos autorités locales. Cela a failli coûter la vie à des personnes, sans compter les dégâts provoqués en différents endroits », nous a déclaré un élu d’Aït Aïssa Mimoun. Tout aurait été provoqué par l’obstruction des canaux d’eau et des deux ponts se situant sur la route menant vers Azib. Selon ces élus, ce problème a été soulevé à maintes reprises lors des assemblées générales et lors des visites effectuées sur le terrain. « Ce problème nécessitait une petite somme pour le résoudre, mais les responsables, par négligence et par passivité, ont laissé les choses en l’état. Et les dernières intempéries ont démontré que nos craintes étaient bien fondées », nous a déclaré un autre élu.

Jusqu’à lundi, la route menant vers Ihouna, Tala Abadh et Azib était coupée à la circulation. Les habitants ont été contraints de faire de très longs détours pour rejoindre leur domicile. Par ailleurs, l’on nous signale que la route menant vers Azib dont les travaux sont en cours, a connu également de grandes dégradations. Ironie du sort, le projet de réhabilitation de cette route a été débloqué dans le cadre des intempéries.

En dépit des conditions qui ne sont pas toutes réunies, les 400 élèves de l’école Oudiai ont reprise leurs cours dans la matinée de lundi(hier).

Aujourd’hui, les citoyens, les responsables et les parents d’élèves demandent à ce que l’école soit classées sinistrée par les autorités de wilaya.

Mourad Hammami