Les habitants de la ville de Boghni sont de plus en plus nombreux à se présenter à nos bureaux, pour se plaindre du désordre et du climat anarchique dans lesquels se retrouve leur ville, notamment depuis les évènements du Printemps noir.
En effet, le visiteur foulant le sol de Boghni constatera de visu l’état chaotique des trottoirs, transformés en étal permanents pour les diverses marchandises, obligeant les piétons à s’exposer aux dangers de la circulation et créant des désagréments constants pour les automobilistes.
Pis encore, quelques citoyens aveuglés par le gain facile et profitant de l’absence de l’Etat, aménagent même des terrasses et clôturent, ainsi des espaces publics pour en faire, ainsi, des propriétés privées. L’autre point noir, nous dit-on, est la multiplication des parkings sauvages.
Des jeunes et moins jeunes occupent illicitement tous les espaces de la ville et exigent des droits de stationnement avec intimidations et menaces. « Je suis un citoyen de Boghni, il est impossible de vivre dans des conditions pareilles, il m’arrive de débourser ma rente journalière rien que dans les frais de stationnement. A l’hôpital, la mairie, la daïra et devant les pharmacies, le citoyen doit s’acquitter, contre sa volonté et illégalement de surcroît, 30 DA pour son arrêt, même si c’est un arrêt bref » s’insurge un sexagénaire. Carnets de tickets à la main, tickets bien évidemment non paraphés par les services des impôts, ces jeunes montrent des autorisations municipales, autorisations souvent fausses justifiant leur incivilité par leur condition de chômeurs.
Malheureusement, ce constat amer ne cesse de prendre de l’ampleur, troublant davantage la vie du citoyen, déjà ébranlée par le climat d’insécurité régnant. Les services concernés sont appelés plus que jamais à restaurer la dignité du citoyen et le civisme d’antan.
Ali Khalfa
