« La culture contribue énormément à l’épanouissement social »

La Dépêche de Kabylie : Parlez-nous de la naissance de l’association Idles Akfadou…

Rabah Hamoumat : Avant la création de l’association que je préside, actuellement, nous avons activé dans d’autres associations. Au lycée, au village, dans la région de Béjaïa ou ailleurs, nous avons apporté une modeste contribution. Avec le temps, moult associations n’existent même pas. Pour des raisons ou pour d’autres, beaucoup de rêves et d’espoirs sont tombés à l’eau. Comme je ne peux pas rester les bras croisés, j’ai décidé de créer une association. Ce n’est qu’au mois de mars 2006 qu’on a pu concrétiser nos aspirations – et c’est aussi grâce à des hommes et à des femmes de bonne volonté. Nous voulons emboîter le pas à nos aînés et faire de notre mieux. Des intellectuels tels que l’écrivain Youcef Zirem nous ont tracé le chemin, c’est le moment de prendre le flambeau haut et fort. Je profite de l’occasion pour saluer mon ami Youcef et tous ceux qui sont un repère pour nous.

Quelles sont les réalisations de votre association ?

l Je pense qu’il est encore très tôt de parler de réalisation. On est une très jeune association (rires). Toutefois, on peut retracer, grosso modo, nos activités tout au long de quelques mois d’existence. Nous avons d’abord réussi à ressusciter la culture dans notre commune. Il y avait plus d’activités culturelles durant la période de la clandestinité que ces dernières années. On relève un grand défi. Puis, on a fait ce qu’on a pu : célébrations de plusieurs évènements, galas artistiques, conférences, expositions, excursions…

Quels sont les problèmes qui entravent votre travail?

l Nous travaillons dans des conditions très difficiles. Si ce n’était l’aide de la population de la commune d’Akfadou, on aurait jeté l’éponge. Des personnes comme Oudjedi Khelaf, Kamel Ath Hsyen et tant d’autres nous aident sans cesse. Il y a en outre l’APC qui nous facilite certaines activités en mettant à notre disposition des moyens élémentaires comme l’outil de la sonorisation. Mais nous ne disposons d’aucun budget. Pour faire quelque chose, il faut toujours avoir recours à des quêtes d’argent. On espère recevoir de l’aide des autorités et de toutes les personnes qui souhaitent promouvoir la culture. La culture contribue, énormément, à l’épanouissement sociale. L’implication de tout le monde dans ce processus est primordiale.

Quel est le bilan que vous faites après la réalisation de l’hommage rendu au regretté Tahar Oudjedi ?

l C’est une grande réussite. Et je ne suis pas le seul le constater. Ça fait longtemps que nous avons souhaité faire quelque chose à la mémoire de feu Tahar Oudjedi et nous avons pu le faire.

Quels sont les objectifs principaux de votre association ?

l Notre association s’appelle Idles : culture. Son appellation est son propre but. Nous voulons travailler la chose culturelle, dans toutes ses dimensions. Akfadou qui a tant donné et sacrifié durant la guerre de Libération nationale est aujourd’hui le fief de la culture. Nos femmes et nos hommes ont leur mot à dire dans l’art et la création artistique. Nous voulons être un carrefour pour eux et une tribune libre. Comme nous allons faire de notre mieux pour un échange culturel d’où qu’il vienne. Nous sommes des citoyens du monde (rires).

Quels sont les projets de votre association?

l Nous avons beaucoup de projets. Nous n’allons pas nous contenter des célébrations occasionnelles. Un grand travail attend notre association. Nous ferons tout pour avoir une bibliothèque et faire de la commune d’Akfadou une pépinière. Il y a aussi le projet de grande envergure. Je préfère le garder comme une joyeuse surprise. Cependant, je le redis encore une fois, nous avons besoin d’aide. La bonne volonté ne peut nous mener vers les lointains horizons lorsqu’on a les mains vides.

Entretien réalisé par Yasmine Chérifi