La Dépêche de Kabylie

La décharge publique : l’éternel problème

Le mouvement de protestation dans lequel s’est engagée la communauté du lycée de Tizi N’telta a été finalement suspendu momentanément pour, dit-on, « permettre aux responsables de prendre les mesures à même de satisfaire nos doléances qui ont entre autres la délocalisation définitive de la décharge communale », note un gréviste.

Il faut dire que la démarche des plus radicales qu’ont adoptée les grévistes a fini par secouer les choses puisque sitôt le mouvement déclenché on a assisté au défilement de plusieurs responsables venus s’enquérir de la situation.

Ainsi, une réunion ayant regroupé les responsables du lycée avec les directeurs de l’éducation et l’environnement en présence du chef de daïra des Ouadhias et du maire de Tizi N’tleta a eu lieu. Il était bien évidemment question des mécanismes de délocalisation de ladite décharge. « Il est vraiment temps d’agir car les conséquences fâcheuses commencent à se ressentir.

On a dû prendre ces dispositions spéciales pour des élèves qui souffrent de maladies chroniques, telles que les insuffisants cardiaques. Cette décharge est principalement constituée de gravats de chantier, ferrailles, de mobilier urbain en fin de vie, bidons de produits toxiques (desherbant… ).

« Déchets verts, mais aussi des déchets domestiques que quelques riverains peu scrupuleux viennent jeter, alors que nous sommes à proximité d’un établissement scolaire », nous dira le responsable du lycée.

C’est dire que la prise en charge rapide du problème urge car l’arrivée de la période des grandes chaleurs n’est pas pour arranger les choses ; dans ce sens des mesures provisoires peuvent être prises à l’image de l’arrêt immédiat de mise en décharge de déchets autres que déchets verts mais également et surtout la clôture du terrain, interdisant la décharge de déchets domestiques et l’enlèvement et la mise en décharge légale des déchets actuellement en surface. Du côté de l’APC on avance surtout le paradoxe de l’implantation-même du lycée à proximité de la décharge. « Celle-ci existait bel et bien avant le choix de terrain pour l’implantation de cet établissement scolaire », note un élu à l’APC des Tizi N’tleta. « Une décharge est indispensable pour notre commune qui s’étend sur une superficie de 25 m2 sa population avoisine les 17 000 habitants ; la collecte des ordures ménagères se fait sur camion à benne pour un voyage/jour ; nous ne toucherons avec ce rythme que 30% des foyers de ma commune », juge M. Hocine Souam P/APC de Tizi N’tleta. « Après plusieurs mois de prospection, un citoyen a proposé de mettre à notre disposition une parcelle de terrain qui se trouve dans l’indivision en contre partie d’une indemnisation ; elle d’une surface de 0,2 hectares ; maintenant, il appartient au directeur de l’environnement de décider », ajoutera M. Souam si la réunion tenue récemment n’a pas abouti à une décision de délocalisation définitive la décharge publique, les grévistes, qui ont décidé de surseoir à la contestation, ont brandi encore une fois la menace de reprendre le mouvement et si cela arrive le seul perdant demeurera l’élève, particulièrement ceux de la terminale contraints de subir un retard qui risque d’être fatal pour eux.

A. Z.

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