Ce n’est pas seulement pour sacrifier au rituel de la célébration que l’Association pour l’insertion par le travail des personnes handicapées a concocté un programme étalé sur trois jours.
Mais dans la foulée, ils tiennent à un effort de sensibilisation qu’ils espèrent fécond. Au registre des acquis, depuis la création de leur association, voilà 17 ans : un siège où les frais de fonctionnement sont pris en charge par la municipalité, une école informatique qui dispense une formation pour les handicapés.
Djamila Abbad, présidente nous affirme « nous voulons nous imposer dans la société par nos compétences et non par l’indulgence qui, de toute manière n’est pas très manifeste à notre égard. La formation est une arme pour l’insertion ».
L’association vient de se voir attribuer un petit local qui devra abriter un kiosque multiservices pour permettre la disposition d’une trésorerie.
Mais l’échec en matières d’insertion est quant même patent. « Nous n’avons réussi à placer personne dans un emploi permanent depuis la création de notre association », confirme
M. Abdemziem, vice-président.
Les rares personnes ayant réussi à se placer ont utilisé d’autres voies. Le 1% réservé aux handicapé fait sourire. Il faut 99 personnes dites normales pour recruter un handicapés dans nos administrations publiques.
Tous tiennent à dire qu’a égalité de compétences, les entreprises et les administrations préfèrent le non-handicapé, particulièrement en ce qui concerne les éléments féminins.
Mlle Abbad ajoute : « la handicapée subit une double discrimination, tout se passe comme si la compétence, pour cette catégorie est subordonnée aux critères esthétiques ».
Tous s’accordent à dire que les handicapés gagneraient à ne pas se confiner dans un ghetto misérabiliste entouré de compassion conjoncturelle liée au calendrier électoral.
Ils demandent que l’on apprécie d’abord leur savoir-faire. Mais il n’empêche que pour les handicapés lourds ou sans emploi, l’assistance sociale doit se manifester.
On apprend que la pension accordée aux handicapés à 100% sera prochainement revue à la hausse, mais trop de promesses non ou mal tenues les ont quelque peu blessé. En attendant, ils profitent de leur journée.
Et le gala qu’ils ont organisé au centre de la ville les montre sous un visage nouveau, « festif ». Beaucoup d’entre eux ont dansé. Ils ont applaudi un des leurs, M. Achour Abdemeziem chanteur-amateur.
Et à voir la grande salle emplie de leur gaieté tumultueuse, on se demande dans quelles catégories sociales se trouve réellement le handicap.
Amarouche.
