l La grève de plus de deux mois d’une partie des enseignants du lycée Emir Albelkader d’Alger, traduit un long processus de dégradation des relations de travail entre les responsables et les fonctionnaires dans notre pays. Dans une déclaration rendue publique, hier, les enseignants du lycée Emir réitère leur revendication qui consiste, essentiellement, en le départ de la directrice de l’établissement qu’ils accusent, entre autres, de « contradiction avec la loi, d’évaluation fantaisistes des enseignants, de refus de compostage des certificats de maladies…etc. », lit-on dans la déclaration. Les grévistes du lycée Emir n’ont pas ménagé dans leur document les responsables du secteur, car ils considèrent que la tutelle est prise en flagrant délit « de complaisance avec le chef de l’établissement, sinon comment qualifier l’impunité dont elle a bénéficié ? », s’interrogent-ils.
Par ailleurs, les enseignants s’insurgent contre le fait que le droit de grève a été transgressé par la tutelle et l’administration, en procédant au remplacement des enseignants grévistes et leur assignation devant le juge des référés, expliquent-ils. D’autre part, lors de la dernière entrevue entre une délégation d’enseignants grévistes avec l’inspecteur de l’Académie d’Alger, les pourparlers n’ont débouché « que sur de vagues intentions d’assainissement de la situation », estiment les enseignants, qui ajoutent que « les mesures pour le départ du chef d’établissement après la reprise des cours, ne sont pas encore effectives et minent la crédibilité des déclarations officielles de l’Académie d’Alger et du ministère de la tutelle », déplorent-ils. Enfin, les enseignants appellent tous les syndicats autonomes à l’unité d’action contre les atteintes, le harcèlement judiciaire et pour le droit de grève, ils organisent le jeudi 22 mars à Alger, un forum syndical de solidarité, sous le thème :
« pour la dépénalisation du droit de grève et de l’activité syndicale », précisent-ils.
Mohamed Mouloudj
