Peine capitale pour un crime crapuleux

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Sous l’effet de l’alcool et de psychotropes, trois jeunes voyous dont A. D., repris de justice est le chef, tuent à l’arme blanche un chauffeur de taxi clandestin sur les hauteurs de Bakaro dans la commune de Tichy et, selon la partie civile, s’emparent de véhicule, une Renault Megane, année 97 qu’ils tentent de revendre à un mécanicien avec la complicité d’une sorte de courtier occasionnel. C’est ce crime odieux et crapuleux, première affaire de la première session 2007, que ce tribunal criminel près la cour de Béjaïa a eu à examiner hier.

Sur les prévenus A. D., A. S. et B. G. pèsent les accusations de formation d’association de malfaiteurs, d’homicide volontaire avec préméditation et guet-apens de vol qualifié, de menaces, de violence et de destruction de documents et sur H. Y. et M. N., l’accusation de non information des autorités de faits criminels dont ils étaient au courant. Dans son réquisitoire qui présentait l’avantage d’être très clair, le procureur général a requis à l’encontre des trois premiers accusés la peine de réclusion criminelle à perpétuité et trois ans de prison ferme à l’encontre des deux autres. Cependant, après délibération le verdict s’établit comme suit :

La peine capitale pour A. D., 20 ans de réclusion criminelle pour A. S. et 18 mois de prison pour M. N. et H. Y., quand à B. C. le président l’a déclaré innocent.

Les faits remontent à la journée de 16 mai 2005 lorsque vers 17 heures 30, A. D., 22 ans et son cousin A. S., 20 ans décident alors qu’ils étaient sous l’effet de l’alcool et des psychotropes de se rendre au village d’Aït Naoual à Bouandas dans la wilaya de Sétif. Ilsse rendent à la station de taxis clandestins d’Ihaddaden où ils choisissent leur victime T. M., à peine âgée de 21 ans au moment des faits et ne faisant qu’un 1,55 m à la toise, mais propriétaire d’une belle Renault Megane année 97 de couleur blanche. Pour ne pas éveiller sa méfiance, ils lui proposent de les déposer seulement à Bakaro, localité située sur la RN 9 à une vingtaine de kilomètre de Béjaïa. Sur leur route, ils récupéreront à Aboudaoud leur troisième compère B. C. également âgé de 20 ans.

Arrivés sur les hauteurs de Bakaro, l’endroit où le chauffeur devait les déposer, ils refusent de descendre et demandent au chauffeur de les emmener jusqu’à Aït Naoual, à Bouandas. Devant le refus de ce dernier, les passagers, selon l’accusation passent alors à l’action. Ils le font descendre de voiture et lui portent plusieurs coups de couteaux. Et après l’avoir achevé en l’égorgeant, ils traînent sa dépouille au bord de l’oued où ils la laissent gisant sur le ventre. Le forfait accompli, A. D. colle sa photo sur le permis de conduire de la victime et prend le volant. A Aït Naoual, selon les déclarations de A. D., ils passent la nuit dans la voiture. Le lendemain A. D. renvoie par autocar A. S. et B. C. à Béjaïa avec ordre de ne rien dire à personne. Puis dans la journée il rencontre M. N., une connaissance vendant de l’eau de javel dans le village. Il lui fait alors part de son intention de vendre la Megane que son père lui avait achetée à sa sortie de prison, soutient-il.

M. N. lui promet, sans doute contre un café, de lui trouver un acheteur. Il téléphone à son ami H. Y., le mécanicien. Ce dernier, bien qu’il trouve que la voiture soit une bonne occasion décide avant de faire une offre de prix de consulter son associé A. M. qui lui demande alors d’amener la voiture jusqu’à Mellala, dans la commune de Oued Ghir, où il habite, A. D. déclare avoir brûlé la carte grise de la voiture et A. M. refuse alors de l’acheter, H. Y., pour être agréable à A. D. accepte de reconduire pour la dernière fois la Megane jusqu’au domicile de A. D.

Mais sur place, à Mellala, les occupants d’une R19 noire qui sont à la recherche de la victime et de sa voiture se sont approchés de la Megane. A. D. sentant qu’il était découvert demande à H. Y. de monter sur les hauteurs de Mellala où il y aurait une route donnant accès à Béjaïa. Mais la route est sans issue. Les voleurs sont coincés, A. D., prend la fuite à pied. Il sera arrêté le lendemain chez lui. Au cours de l’audience, l’avocat de l’accusé A. D. a surtout plaidé la requalification de l’accusation en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

B. Mouhoub

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