Des emplois en vue

La zone d’activité d’Aomar va bientôt s’élargir. Cette zone qui compte actuellement trois usines, une de céramique et deux briqueteries, toutes appartenant à des privés, va recevoir bientôt trois autres unités de production.

En effet, une commission interministérielle vient de donner son accord pour la dépossession d’une EAC (Exploitation agricole collective) de neuf hectares qui vont servir de terrains d’assiette à trois unités de production. Les trois investisseurs privés qui ont jeté leur dévolu sur la commune d’Aomar pour implanter leurs usines comptent créer 250 emplois permanents directs. Il est prévu une usine de production de résine destinée à la fabrication de toute une gamme de produits manufacturés, une briqueterie et une briqueterie-tuilerie. Pour les deux nouvelles briqueteries la proximité d’un gisement d’argile, source de leur matière première principale, déjà en exploitation semble avoir été le facteur déterminant pour le choix de ce site. Les nouveaux investisseurs se sont déjà regroupés en association et ont créé un organisme de gestion pour gérer au mieux la partie de cette zone d’activité qui vient de leur être octroyée. Les terrains leur ayant été cédés nus, ils ont engagé un bureau d’étude, l’URTO de Bouira, pour leurs aménagements.

Aomar, de part sa position géographique privilégiée a toujours intéressé les investisseurs.

En effet, se trouvant au carrefour de deux importantes routes nationales, la RN 5, l’axe routier le plus fréquenté d’Algérie et la RN 25, route nationale menant vers la Kabylie, une région en plein essor, desservie par les chemins de fer et l’autoroute Est-Ouest, elle ne peut que présenter des atouts majeurs pour attirer ceux qui veulent faire fructifier leur argent.

Le secteur de l’industrie est en plein développement à Aomar, contrairement au secteur de l’agriculture qui sombre dans un marasme inquiétant. Pourtant la vocation première de la région est agricole. Les exploitants des fameuses EAC ont bradé leurs outils aratoires, ils ont impunément tout vendu, du tracteur au sarcloir. Toute honte bue, ils viennent aujourd’hui se bousculer au portillon pour grignoter quelques emplois offerts par le secteur de l’industrie alors qu’ils sont eux-mêmes censés en offrir. On devrait, normalement, interdire cette situation de fait, si on veut remettre les gens au travail. Il est tout aussi aberrant, navrant qu’inacceptable de voir un citoyen qui a bénéficié de bonnes terres arables, d’un matériel en bon état de marche, aller travailler ailleurs que sur les terres qui lui ont été si généreusement offertes. Il faut alors surtout ne plus s’étonner de voir la pomme de terre disparaître de nos étals et ne plus écarquiller les yeux devant l’ardoise qui vous indique que le prix du kilo de fèves vertes est de 60 DA. Le P/APC qui ne ménage aucun effort pour attirer d’autres sources de création d’emplois, inscrit à son actif l’activité industrielle qui prend forme et qui se développe d’une manière significative au niveau de la commune d’Aomar. Ces initiatives sont à encourager. Elles permettent d’arracher la jeunesse d’Aomar à un chômage qui lui devient de plus en plus pesant et qui risque de la faire basculer dans une délinquance dont personne ne peut prévoir les conséquences.

Ahmed Chibani