10 ans de prison pour vols qualifiés

L’affaire que le tribunal criminel près la cour de Béjaïa a eu à examiner tout le long de la journée d’avant-hier, a trait à quatre jeunes individus accusés de constitution d’association de malfaiteurs, de vols qualifiés avec circonstances aggravantes. Dans un long réquisitoire, où il a rappelé dans le détail les conditions dans lesquelles les quatre dévoyés ont été mis hors d’état de nuire et ont justifié chacune des accusations portées contre les prévenus notamment les circonstances aggravantes, le procureur général a requis la peine de 20 ans de réclusion criminelle contre chacun des quatre accusés, à savoir K. A., A. F., Z. N. et A. A., dont la moyenne d’âge varie entre 20 et 25 ans.

Cependant, après délibérations, les sentences prononcées ont été de 10 ans de prison pour K. A., 5 ans de prison pour A. F. et acquittement pour les deux derniers.

Les faits qui ont eu pour cadre le paisible village de Taourirt, dans la commune de Béni Djellil, daïra d’Amizour, remontent à la nuit du 14 au 15 janvier 2006, lorsque vers minuit, les habitants du village qui assurent une surveillance discrète mais efficace de leur village, ont empoigné une bande de quatre chenapans qui auraient l’habitude, selon l’accusation, d’opérer des larcins de village. La partie civile a indiqué en effet que pour assurer la sécurité et la tranquillité de leur village qui est victime depuis quelque temps de vols répétés des habitations et des commerces, les habitants parmi lesquels règne une terreur insupportable, ont décidé depuis décembre 2005 à mettre sur pied un système de surveillance du village assuré par des escouades de vigiles. Et à la date et à l’heure sus-indiquées, les surveillants ont appréhendé deux véhicules : une Renault Clio et une Peugeot 405 au moment où les occupants chargeaient les objets volés qui étaient provisoirement « stockés » dans un buisson situé non loin d’une piste où s’était arrêté un des véhicules. Avant de remettre les voleurs à la police communale, les vigiles ont appelé l’ensemble des villageois en renfort, lequels n’ont pas manqué de massacrer les véhicules et de rouer de coups leurs occupants.

Au cours de l’audience, les quatre accusés nieront, cependant, catégoriquement les faits qui leur sont reprochés. K. A., qui prétend s’être saoulé cette nuit-là, dit qu’il n’a rien fait et rien vu, A. F,, quant à lui, il a soutenu que cette nuit, il était non seulement saoul mais totalement inconscient puisque, selon ses avocats, K. A. lui a fait dissoudre à son insu, des psychotropes dans ses boissons. Z. N., propriétaire de la voiture dont on a sorti tout un cabas de divers effets vestimentaires, affirmera devant le juge que les habits sont à lui et qu’il les avait acheté pour les revendre. A. A., dont le métier est chauffeur de taxi clandestin, dira qu’il se trouvait là au moment des faits, pour se faire simplement payer ses courses à 3 000 DA.

Les six avocats qui assurent la défense des quatre accusés ont tous, chacun à sa manière et avec ses arguments, axé leurs interventions sur le manque de preuves établissant la culpabilité de leurs mandants et plaidé leur innocence.

B. Mouhoub