Chacun des invités a livré sa conception du phénomène de la mondialisation lequel, selon Amine Zaoui, qui publie chez Fayard son nouveau roman, Festin de mensonges, pourrait constituer une véritable menace sur les cultures locales. Parmi tous les invités de l’émission, Amine Zaoui a été celui qui s’est montré le plus défenseur des cultures locales. Ce dernier a indiqué que la mondialisation, dans son aspect culturel, ne devrait pas devenir une forme de standardisation. L’écrivain algérien a plaidé pour la préservation de l’exception culturelle tout en ne restant pas figé dans cette dernière : s’ouvrir vers l’universel en demeurant fidèle à ses racines est sa conception des choses. Amine Zaoui a parlé aussi de l’urgence d’instaurer des politiques d’émigration pour faciliter la circulation des personnes dans les pays. Il faudrait que ces lois déterminent comment organiser cette émigration sans tomber dans l’exclusion qui pourrait devenir une véritable entrave à la mondialisation.
Interrogé par l’animateur si l’Algérie arrive à s’accrocher au train de la mondialisation, Amine Zaoui a cité le cas des Chinois qui s’installent en Algérie par milliers. Des dizaines de magasins sont tenus par les Chinois à Alger et dans le reste de l’Algérie. L’orateur a même évoqué des cas de mariages mixtes entre Chinois(es) et Algérien(ne)s. Amine Zaoui a précisé que les Chinois, en Algérie, sont aussi bien présents dans le secteur de la manufacture que dans celui du bâtiment. Et les Algériens ont une image positive du Chinois qui est connu pour être bosseur, discipliné et respectant énormément le temps.
Sur un autre chapitre, Amine Zaoui est revenu sur le mandat tirant vers sa fin du Président Jacques Chirac. Pour ce romancier, la non-implication de la France dans la guerre en Irak a permis à Jacques Chirac d’avoir une très bonne image auprès des populations des pays dits arabes.
Mais en même temps, concernant l’Algérie, Jacques Chirac a raté l’occasion de signer le Traité d’amitié à cause du décret faisant l’éloge de la colonisation française. Au sujet des élections présidentielles de mai 2007 en France, Amine Zaoui a rappelé que d’habitude, les Algériens suivent avec un intérêt particulier ce genre d’événement politique mais cette année, l’organisation à la même période, des législatives en Algérie a quelque peu tiédi cet intérêt.
Le directeur de la Bibliothèque nationale a déploré qu’à chaque fois, ce soit les mêmes thèmes qui reviennent lors des campagnes électorales françaises. Pour lui, il s’agit toujours du même discours avec toutefois des approches différentes.
Au sujet de Ségolène Royal, Amine Zaoui a qualifié de positif la candidature d’une femme à la magistrature suprême en France tout en rappelant que l’Algérie a vécu déjà cette expérience lors des présidentielles de 2004, en la personne de Louisa Hanoun qui avait réalisé un score respectable. Amine Zaoui a espéré que ces premières candidatures ouvriront la voie à d’autres exemples dans les pays du Maghreb.
Aomar Mohellebi
