La Dépêche de Kabylie

Autre temps, autres mœurs

l A quelle logique obéit la fermeture des commerces les vendredis comme il est constaté depuis un certain temps, y compris ceux destinés au grand public et régit par des lois qui fixent les horaires d’ouverture et fermeture tel les cafés, restaurants, boulangeries ou autres douches publiques. Vendredi est sacré disent ces commerçants pour justifier la fermeture. Et les autres jours de la semaine ? Ils le sont un peu moins ? La société civile ne cesse depuis quelques années de subir un dérèglement généralisé par l’introduction de nouveaux comportements qui n’ont aucun lien avec nos us et coutumes et qui lui font perdre peu à peu ses repères ancestraux : des modifications et changements radicaux sont observés chez la classe juvénile, en particulier, qui cède à un matraquage psychologique et une influence inquiétante. La fermeture des commerces le vendredi porte atteinte aux pères de familles travailleurs qui n’ont et n’attendent que cette journée du repos hebdomadaire pour faire leurs achats, aller chez le coiffeur ou rencontrer les amis dans un café autour d’une partie de dominos combien distrayante et efficace pour évacuer le stress cumulé durant toute la semaine. La prière de vendredi (avancée comme argument) étant entre 13h30 et 14h40 rien ne justifie ce système « ville-morte » pour toute la journée. N’est-il pas temps de reprendre le week-end « universel » ce qui réduirait sans aucun doute la portée de cette influence tout à fait étrangère à la Kabylie et qui trouve un terrain fertile auprès de ces jeunes désœuvrés qui cherchent encore leur voie, une jeunesse fragilisée par la « malvie » et le manque de prise en charge, une jeunesse qu’on abandonne entre les griffes de l’intégrisme religieux ?

Omar Soualah

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