Un centre d’affaires pour bientôt

Les indiscrétions en notre possession laissent croire qu’une tour de 14 étages serait, pour bientôt, érigée au centre-ville de Boghni. En effet, une réunion regroupant l’APC de Boghni et l’Agence foncière, antenne de ladite localité, a été organisée, mardi passée, au siège de la mairie où chacune des deux parties ont eu à défendre leur projet d’une part, et d’autre part statuer sur le devenir du site de l’ex-brigade de gendarmerie, un terrain de 4 000 m2 situé au centre-ville de Boghni, convoité par les deux parties.

Pour rappel, ce site stratégique comme rapporté dans notre édition du 1er mars 2007, a soulevé un litige foncier entre l’APC et l’Agence foncière. L’APC qui compte implanter une bibliothèque communale en procédant à la restauration des lieux, s’est heurtée au projet de l’agence foncière, laquelle opte pour la démolition totale du site afin d’y construire une tour de 14 étages. « L’état de délabrement avancé des lieux exige le rasage absolu du site. Pour cela nous avons engagé un bureau d’étude qui a procédé à l’élaboration de la maquette que nous avons présentée aux réunis. Le bureau d’étude convié, lui aussi à cette rencontre, a éclairé les participants quant à l’impact économique et urbanistique de notre projet », a souligné Ali Saïd Kara, nommé directeur de l’Agence foncière de wilaya, après la dissolution des agences foncières communales, devenues des antennes relevant de la Direction de la wilaya et dont le wali est président du conseil d’administration lequel a promi de doter la commune d’assez d’espace pour abriter ses activités culturelles, notamment une bibliothèque, une fois la tour réalisée.

« Nous avons longuement discuté notre projet. Je crois qu’il (projet) a eu le mérite escompté. Notre souci est de doter Boghni d’un centre d’affaires digne de ce nom. Cette tour embellira, à coup sûr, notre ville qui signera sa première enjambée dans la modernité concernant le bâtiment », a déclaré M. Yahiatène, responsable de l’antenne communale de l’agence foncière.

L’APC a décidé de réunir au cours de cette semaine, son assemblée générale afin de trancher définitivement en faveur de l’une ou de l’autre des deux options. Pour information, le site abritait, autrefois, une forteresse bâtie en 1871 par l’administration coloniale, venait en plus du Bordj turc, qui date de l’époque otomane, assurait la sécurité des colons établis dans la ville de Boghni, parfaire la quiétude troublée des Français, notamment durant l’insurrection d’El Mokrani en 1871.

Située au centre-ville, cette caserne édifiée par le colonisateur français, a eu comme première mission d’abriter l’armée française pour contenir la révolte grandissante de la population de Boghni d’une part, et d’autre part défendre les colons en cas d’une insurrection populaire. Cette forteresse ceinturée de hautes murailles est composée de plusieurs locaux à usage d’habitation et administratif et une grande cour abritant un puits et des étables pour le repos des chevaux.

Plus tard, ce bâtiment colonial servit de siège à un groupe de gendarmes français où les Algériens auront eu à goûter les affres de la torture durant la guerre de Libération. Après l’Indépendance et jusqu’en 1994, cette forteresse servira par la suite, de caserne à la Gendarmerie nationale.

Depuis, sans le moindre entretien, cette forteresse qui mérite plus d’égards, se dégrade de plus en plus pour devenir aujourd’hui un site litigieux, convoitée par différentes parties.

Ali Khalfa