Armés d’un revolver et d’un fusil de chasse à canon scié, l’accusé A. F., 29 ans et ses complices ont, durant l’année 2005, commis plusieurs vols dont, selon l’exposé des faits, deux camions, un K120 et un K66, une Renault Express et deux Peugeot, une 206 break et une 504.
La technique consistait pour l’accusé, à opérer de nuit et à se faire passer pour un client ayant besoin des services d’un transporteur pour son déplacement, puis à l’endroit choisi à braquer le chauffeur avant de le ligoter et de le bâillonner. Ensuite, il prend possession du véhicule, un complice se charge alors de l’écoulement du butin et du partage des bénéficies qui en résulteront.
C’est cette affaire que le tribunal criminel près la cour de Béjaïa a eu à à traiter dans la première séance d’hier. A noter cependant que, hormis les gardiens de nuit du parc à engins de l’APC de Seddouk, où le camion Sonacome K66 a été, volé qui ont été appelés en qualité de témoins, le public n’a enregistré à l’audience ni la présence des complices, ni celles des victimes. Suivant le procureur général dans son réquisitoires, le président du tribunal a prononcé à l’encontre de l’accusé la peine de réclusion criminelle à perpétuité.
Appelé à la barre, A. F. qui expie présentement une peine de prison pour un autre délit, soutient qu’étant sous l’effet de puissants psychotropes, il ne se rappelle de rien. Mais aidé par le président qui lui fait au besoin, lecture de quelques bribes du procès-verbal du juge d’instruction il retrouve peu à peu la mémoire.
Concernant le camion Sonacome K120, il révèle qu’avec l’aide d’une prostituée qu’il fait passer pour sa femme, il réussi à convaincre un camionneur a Sidi Bel Abbès à les transporter (lui et sa femme) jusqu’à Akbou. Pris en cours de route, il téléphone au moyen de son portable à ses deux complices pour leur indiquer la marque et le n° d’immatriculation du camion leur demande de l’attendre à Allaghène, à l’entrée d’Akbou. Comme prévu, arrivé à l’endroit indiqué, il braque le chauffeur du camion et ses acolytes qui le suivent derrière, à bord d’un véhicule, l’aide à le ligoter et à le bâillonner. A la vente du camion, la part de bénéfice qui revient à AF est de 10 millions de centimes.
S’agissant du vol de la Renault Express, il a attiré sa victime à Tamokra (village non loin d’Akbou) en lui proposant de lui vendre quatre téléviseurs volés. Puis, une fois sur les lieux, le receleur et, avec l’aide de ses complices M et B abraqué, ligoté, bâillonné et dépossédé de son véhicule le malheureux. Six millions de bénéfice pour AF.
Pour la 206 break, il a agi apparemment sans complices sa victime un chauffeur de taxi clandestin, il a loué ses services pour qu’il le transporte d’Alger à Akbou pour la somme de 2 000 DA. Puis, arrivé à l’entrée d’Akbou, alors qu’il était 10 heures du soir, il lui demande, pour 1 000 DA supplémentaires, de le déposer à Béni Melikèche. Et au milieu de la route et de la nuit, il le déleste de son véhicule et le laisse ligoté et bâillonné dans un fossé. Six millions de bénéfice. Au parc communal de Seddouk, le vol du camion Sonacome K66 a été commis à deux puisque les gardiens de nuit parlent de deux voleurs : l’un dont la silhouette correspond à celle de l’accusé était armé d’un revolver et l’autre, de grande taille, avait entre les mains un fusil de chasse à canon scié. Une fois les veilleurs de nuit neutralisés, les malfaiteurs se sont emparés du camion K66 dont la vente rapporte 10 millions par A. F. .
Dans un court mais sévère réquisitoire, le procureur général a mis l’accent sur le fait que pour ce genre de criminels utilisant des armes à feu pour déposséder les citoyens de leurs biens, la société doit absolument s’en défendre en leur appliquant les peines maximales prévues par la loi. Quant à la défense, elle a plaidé les larges circonstances atténuantes pour son mandant, du fait que celui-ci ne jouissait pas, selon elle, de ses facultés intellectuelles et morales au moment des faits d’une part et de l’autre, il a reconnu spontanément les faits qui lui étaient reprochés.
B. Mouhoub
