La cinquième édition du Festival national de poésie d’expression amazighe qu’organise l’association culturelle Adrar n’Fad en hommage au grand écrivain Mouloud Mammeri, s’est clôturé durant la matinée du vendredi 30 mars 2007 dans une ambiance particulière, caractérisée par la joie et la satisfaction des participants et des organisateurs pour la réussite de ces poésiades.
Avant de rendre publics les noms des lauréats des trois premiers prix du concours, une table ronde sur la poésie amazighe est animée par les membres de la commission du jury, composée d’hommes de lettres, enseignants de langue amazighe à l’université de Béjaïa, en l’occurrence, K. Bouamara, Z. Meksem, L. Mahrouche et A. Rabhi, où ils ont expliqué aussi les critères d’évaluation du concours pour les 67 poétesses et poètes présents, avec 107 participants. Le premier prix a été attribué à Abdelkader Ouali avec une moyenne de 16,00.
Le deuxième prix a été attribué à Sadia Bennamar avec une moyenne de 14,88 et le troisième prix est revenu à Mouhamed Serkasseti avec une moyenne de 14,83. En plus des trois premiers prix, la commission du jury et l’association ont décidé de donner quatre prix d’encouragement pour la participation de nos frères venus des Aures, la participation féminine, le poète fidèle aux cinq éditions en s’améliorant d’une édition à l’autre et enfin pour le plus jeune poète (18 à 20 ans).
Durant cette rencontre, en plus des récitals poétiques et diverses expositions (sur l’œuvre de Mouloud Mammeri, le livre de culture amazighe, les arts plastiques et sur les objets traditionnels), théâtre et chorale, trois conférence-débat ont été présentées, la première par Ali Mammeri, dans lequel il a rendu un hommage à Si Moh Oumhand avec sa lecture de la nouvelle Aseqif N Tmana. Un hommage est aussi rendu à Dda L’Mulud par deux conférence, la première animée par Younes Adli intitulé « Réfléchir à partir de nous-même », et la deuxième présentée par Malika Kebbas intitulée « Mouloud Mammeri et l’ethnologie de la vision de dehors à la vision de dedans » au cours de laquelle elle a fait une étude sur le premier texte de facture ethnologique écrit par Mouloud Mammeri en 1938, bien avant qu’il entre en littérature. Il n’avait alors que 21 ans. Il s’agit de La Société berbère, étude écrite à l’initiative de son professeur de philosophie, Jean Grenier, et publiée dans la revue Aguedal. Cette association très active et à laquelle on doit beaucoup de reconnaissance pour avoir été à l’avant-garde de la promotion culturelle dans la région, compte rééditer ce festival de poésie amazighe chaque année en plus de ses chantiers culturels.
A. Fersaoui
