Et revoilà les écarts !

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Décidément les réflexes que l’on croyait périmés et qui consistent à croire qu’il suffit de retenir quelques mots à ‘’accoucher’’ n’importe comment sur du papier et d’avoir un fax à portée de main pour avoir l’impression d’exister politiquement ont la peau dure.

En la matière, les ârchs – ou plutôt ceux qui à la faveur du hamu (fièvre) électorale se découvrent des statures d’incontournables ârchiste – battent tous les records ‘’faxuels’’. Pas moins de trois déclarations à l’antonymie l’une de l’autre et signées CCCWB sont parvenues à notre bureau en l’espace de 24 heures pour informer solennellement, avec gravité et, syndrome de la légitimité historique oblige, au nom des martyrs, de l’exclusion de tel ou tel délégué. Et pour convaincre de la légitimité d’exclure, on fait appel à l’autre légitimité : ‘’légitimité carcérale’’. Oui, les signataires des déclarations prennent le soin de parapher leur document du nom d’un ou de deux ex détenus du mouvement citoyen. Là, ouvrons une parenthèse pour souligner qu’il est, hélas, plus facile de s’autoproclamer mandaté par une population que de réussir à rassembler une dizaine de personnes dans un meeting. Mais bon, le but n’étant pas de faire l’unanimité autour de leur ‘’statut de délégué’’, mais plutôt d’exister médiatiquement, ils n’ont cure du mandat et autre AG. C’est pourquoi, à chaque jour que Dieu fait, sort comme d’un chapeau de magicien une tête de délégué. Les kacimi, Bouaraba, Mohand Oulhacene, Toumi, Aoudia, Da Rezki et d’autres délégués qui avaient fait les ârchs de Bouira ont pris leurs distances vis-à-vis de ce remue-méninge auquel nous assistons et qui devient de plus en plus ridicule. Ridicule pour la simple raison que la vie avance sans s’encombrer des états d’âmes d’éphémère délégué figé devant le télécopieur ou une feuille de papier chez le cafetier du coin. Ridicule aussi et surtout parce qu’une déclaration saupoudrée de  » trahison « ,  » code d’honneur  » et… le combat continue pour casser un compagnon avec qui  » necca tawella d lemleh (on a partagé le meilleur et le pire)  » dans les moments les plus difficiles ne convainc plus personne. La stupidité est poussée plus loin lorsque, se permettant tous les écarts, de courageux taggers débordent sur les murs pour traiter un délégué, celui de Taghzout en l’occurrence, de ‘’harki’’. Ce dernier aura droit à ces écarts et à ces déclarations pour avoir conduit une liste parrainée par 5 400 citoyens aux élections, avant de se rétracter.

Cette situation où n’importe qui devient n’importe quoi pousse notre bureau sérieusement à envisager de ne tenir compte que des déclarations accompagnée du parrainage d’au moins 5% des citoyens que le délégué jure représenter.

T. O.

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