Une révolution dans les mœurs

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La SAFEC, la Société Algérienne de Fertilité et de Contraception a annoncé, au cours de ses douzièmes journées, la semaine dernière, que 66% des couples algériens utilisent des contraceptifs. On est loin des pays développés où les procédés de contraception sont beaucoup plus répandus mais c’est une avancée notable. Surtout quand on pense aux tabous qui, pour reprendre une expression ironique, entouraient le «caoutchouc» que les courants intégristes, partisans d’une natalité sans limite, vouaient aux gémonies et continuent d’ailleurs, mais dans une mesure moindre, à le faire.Mais le temps est révolu où les contraceptifs étaient vus comme un produit illicite et les pharmacies le vendent librement, sans demander, comme elles étaient obligées de le faire, il encore quelques années, le nom de l’acheteur, inscrit sur un registre ! L’Algérie, entendait-on dire, était capable, avec ses richesses, de nourrir une population de cent millions d’habitants, mais cet argument fallacieux n’a pas tenu longtemps la route avec la crise. La paupérisation d’une grande partie de la société, le désir aussi des couples d’avoir moins d’enfants pour leur assurer une vie et une éducation de meilleure qualité ont poussé les familles à réduire volontairement les naissances. Les maladies sexuellement transmissibles, notamment le Sida, poussent de plus en plus de gens, notamment parmi les jeunes, à se protéger. Mis à part cet aspect individuel de la contraception, il y a ses retombées sociales et économiques : c’est, en effet, pour les pays en voie de développement, le seul moyen de freiner une croissance démographique qui remet constamment en question, devant le nombre sans cesse augmentant de demandeurs, les efforts de création d’emplois, de construction de logements, d’écoles ou d’hôpitaux.

S. Aït Larba

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