Grogne des transporteurs

Rien ne va plus ces derniers jours chez les transporteurs de voyageurs de la ligne Aït Oumalou et pour cause, le conflit, qui oppose ces transporteurs aux propriétaires des véhicules particuliers et aux fraudeurs, qui garent en toute quiétude dans l’arrêt qui leur a été réservé officiellement le mois d’octobre de l’année écoulée, risque de durer dans le temps, voire conduire à l’irréparable. Selon ces transporteurs, les autorités locales en charge du dossier continuent d’afficher leur indifférence et leur laxisme pour mettre de l’ordre dans cet endroit. En effet, ils comptent, selon leur propos, reconduire pour la troisième fois en l’espace d’une année un mouvement de protestations, par une grève générale illimitée, si aucune mesure concrète et définitive n’est pas prise par la police locale comme il a été déjà convenu lors du dernier débrayage du mois d’octobre 2004. «Les autorités, notamment la sûreté de daïra nous ont promis de veiller au grain sur cet arrêt et de sévir contre ces indus occupants», nous dira un transporteur en colère. Et d’enchaîner : «Or, nous constatons hélas que depuis, la situation demeure la même, voire empirée que celle d’avant». «Pourquoi les autres arrêts de la ville ne vivent pas tous ces problèmes ?», s’interroge un autre, avant de poursuivre : «Il n’y a que l’arrêt d’Aït Oumalou en patit et là, nous sommes pas prêts de baisser pour autant les bras. Il est inadmissible d’accepter cette situation discriminatoire», conclut-il. Jeudi dernier, lors de notre virée sur les lieux, n’était la sagesse de ces transporteurs, la situation aurait dégénérée et les conséquences auraient été beaucoup plus regrettables. A l’origine, un propriétaire d’un VL privé, apparemment sans foi ni loi a voulu créer la zizanie par le fait que sa bagnole a été touchée par inattention pendant les manœuvres d’ailleurs difficiles d’un fourgon voyageurs voulant quitter son arrêt. «Je ne sortirai pas de cet arrêt, appelez la police si vous voulez», martèle-t-il à l’endroit des transporteurs. Triste réplique mettant au jour le renversement des valeurs. Il va sans dire que la loi ne régnera pas tant qu’il ne sera pas mis fin d’une manière drastique à ces agissements. Ces transporteurs d’Aït Oumalou qui prennent leur mal en patience nous diront que «les autorités locales sachent que ce n’est pas une faiblesse de notre part quant à la solution du problème, mais nous sommes tout simplement respectueux des lois de la République. Nous voulons collaborer avec les autorités concernées pour mettre fin à ces dépassements».

S. K. S.