Trois jours de suite, l’école de Sidi-Ali-Ouyahia a fermé ses portes et les cours n’ont pas eu lieu. Contactés pour en connaître les raisons, les enseignants nous ont appris que leur décision est motivée par les mauvaises conditions dans lesquelles ils ne cessent de travailler, eux et surtout les enfants.
« Comment assurer notre mission lorsque nous avons devant nous des élèves grelottant de froid dans des salles noyées par les infiltrations d’eau de pluie », nous dit un enseignant qui précise que la décision de renvoyer les enfants a été prise après avoir informé l’APC de la situation. « Notre directeur s’est présenté à l’APC mais n’a pas pu trouver une oreille attentive à nos doléances ». Au soir du troisième jour, l’école de Sidi-Ali-Ouyahia n’est toujours pas approvisionnée en fuel. Les enseignants ne savaient pas encore quelle décision ils allaient prendre le lendemain mardi.
Ce problème d’approvisionnement des écoles en fuel ne date pas d’aujourd’hui. Notre journal que les directeurs d’écoles ont saisi à plusieurs reprises, n’a pas manqué de le signaler, particulièrement dans nos éditions n°1412 du 27 janvier et 1439 du 27 février 2007. Nous savons tous que la ville de Aïn El Hammam, située à près de 1 200 m d’altitude, vit des hivers très rigoureux et que les foyers n’éteignent leurs radiateurs qu’au mois de juin. « Les poêles à mazout des écoles doivent fonctionner 24 jours par mois avec au minimum 5 litres par jour. Au lieu de nous concentrer sur notre noble mission nous sommes réduits à faire des calculs d’épicier pour joindre les deux bouts en matière de chauffage », affirme un autre enseignant. De toutes manières, quelles que soient les raisons ayant conduit à cette situation, personne n’a le droit d’hypothéquer l’avenir de ces enfants qui en sont, cette année, à leur deuxième grève. Une grève qui les pénalise beaucoup surtout que les examens sont pour bientôt.
Nacer B.
