La Dépêche de Kabylie

Vers la dissolution de l’APC de Mizrana

Depuis près de 5 mois, l’APC de Mizrana est bloquée. Cette situation est le résultat de l’implosion qu’a connu l’éxécutif de cette assemblée.

En effet, suite à une agression que le maire aurait perpétré contre son premier vice-président, une grave crise est née entre les élus du RCD, qui géraient cette APC. L’affaire de l’agression a été portée devant la justice. Pour la victime, les médecins ont prescrit des arrêts de travail de 104 jours. En dépit de ce dossier consistant et se basant sur les témoignages, le tribunal de Tigzirt a prononcé un non-lieu dans cette affaire. L’affaire est toujours pendante, du fait de l’appel que le vice-président a introduit. Mais l’affaire n’est pas uniquement un problème de justice. Elle s’est transformée vite en une grande crise politique qui bloque l’APC. En fait, l’exécutif s’est retrouvé minoritaire et l’opposition réclame, contre toute alternative, la démission du maire. Ce dernier campe à son poste, c’est ainsi que la situation de cette commune déshéritée est devenue kafkaienne où tout est au point mort. La seule concession que l’opposition semble prête à faire est le remplacement du P/APC par un autre élu de l’exécutif : « Que le maire démissionne et soit remplacé par un autre parmi l’exécutif », s’exclamait un élu du FFS, lors d’une réunion de l’APC. Le RND abonde dans le même sens. Il en est de même pour l’ex-vice-président. Il y a quelques jours, lors d’une autre réunion, le chef de daïra de Tigzirt a tenté une entremise afin de libérer l’APC. « De grâce, au nom de la population, débloquez cette APC », ne cessait de répéter le chef de daïra à l’adresse des élus de l’opposition. Ces derniers sont restés de marbre et ne veulent aucun dialogue et aucune alternative sans la démission du maire mis en cause, ce dernier est accusé d’adepte de violence et de politique d’exclusion. « La politique s’arrête où commence la violence », déclare l’élu du RND.

Par conséquent, le PCD, les salaires et tout le fonctionnement de la commune est en panne. Lorsque le maire a accusé l’opposition d’avoir bloqué ce fonctionnement, l’élu du RND a rétorqué : « Désolé, c’est le RCD qui bloque le RCD », une ironie qui vise à décrire le divorce et la cassure entre les élus du parti de Saïd Sadi. Il y a trois jours, l’ex-vice-président a signé une longue déclaration placardée à travers la commune. Dans cet écrit, cet élu revient sur les circonstances de son agression par le maire. Sur ce point, il a déclaré avoir esté en justice les présents qui ont nié l’acte d’agression « pour faux témoignage ». Il a déclaré aussi que le maire, bien avant ce fait, affichait envers lui une attitude de mépris et d’exclusion et n’ayant jamais respecté le programme de gestion tracé dès le début. Il parle aussi d’un fonctionnaire en comptabilité ayant 18 ans d’expérience à l’APC, qu’il a écarté de son poste pour l’affecter vers un autre service. « L’objectif est de faire main-basse sur le service pour agir librement sur la comptabilité et gérer les affaires de ce service dans l’opacité totale », dénonce Lounès Sadoudi, ex-vice-P/APC.

Il cite les maux de la commune qui, selon lui, sont les conséquences de la gestion du maire, entre autres le chômage, la dégradation des routes, l’absence de moyens pour les jeunes, le non-lancement de plusieurs projets de construction, etc.

Pour rappel, en plus de l’ex-vice-président issu du RCD, le comptable en question est aussi un cadre du RCD au niveau communal. Ces derniers ont démissionné tout simplement de ce parti, vu que l’ambiance et l’atmosphère est insupportable.

A signaler que ces deux personnes sont toutes issues du village Tizi N’Bouali, dans lequel le RCD a eu le plus grand nombre de voix qui lui ont permis d’accéder pour la première fois à l’APC de Mizrana. Les choses seront compliquées pour ce parti lors des prochaines municipales. D’ores et déjà, ces personnes influentes annoncent que leur village boycottera les élections prochaines. Quant à l’APC, à moins de la démission du maire, elle sera très probablement dissoute.

Mourad Hammami

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