La Dépêche de Kabylie

Printemps berbère

Le 20 avril, comme le 1er novembre ou le 5 juillet, fait partie des dates fondamentales de notre nation. Elle marque aussi la récupération d’un pan de notre histoire et de notre dignité, elle parachève le recouvrement d’une souveraineté, longtemps obnubilée. On l’appelle tafsut imazighen, le printemps berbère, parce que la revendication linguistique et culturelle berbère a été le moteur de ce mouvement, mais c’est le printemps de la démocratie qu’il faudrait l’appeler. Bien avant les événements d’octobre 1988 qui devait mettre fin à la dictature du parti unique, des jeunes s’étaient dressés pour demander le pluralisme, non seulement linguistique mais aussi politique. Le printemps berbère porte en lui les germes de la démocratie, un idéal de justice mais aussi de paix et de tolérance. Aujourd’hui, grâce au combat de la jeunesse, grâce aux sacrifices consentis, tamazight mais aussi la démocratie ont fortement avancé en Algérie. Mais si tout n’est pas parfait, même s’il reste beaucoup de choses à faire, tamazight et la démocratie ont fait beaucoup de conquêtes : notre langue ancestrale est inscrite dans la constitution de la République, aux côtés de l’arabe, elle est enseignée dans des écoles et des universités du pays, elle est entrée à la télévision, quant à la démocratie elle a avancé, au point où l’Algérie est citée aujourd’hui cpomme le pays arabe le plus libéral.

Beaucoup de choses restent encore à faire : il importe de rappeler que le combat pour tamazight et la démocratie n’a pas été, comme certains veulent le faire croire, vain.

S. Aït Larba

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