La donne sécuritaire, les législatives et la marche du 17 avril

Partager

Précédée par un contacte des plus acerbe l’invective a failli l’emporter au détriment du consensus, la coordination inter-résidences locale des étudiants de l’université Abderrahmane-Mira de Béjaïa a été minée de tout bord.

En effet, le cycle de conférences débats sous le thème “réhabiliter le politique à l’université” initié par le comité de la résidence du 17 octobre 1961 depuis fin mars dernier a été une idée d’essence démocratique et salvatrice pour une université républicaine qui patauge sous l’emprise d’un système précaire. Malheureusement, nous dira Lounis, un étudiant en fin de cycle gestion “cette tribune d’expression aura servi pour quelques représentants de partis politiques, sur un fond de pré-campagne, qui se sont succédés de l’injure et de la haine, ils en ont fait une religion”.

Par ailleurs, dans d’autres résidences, d’autres conférences ont eu lieu et les mêmes constats ont été déplorés. Hébété, Sofiane, un étudiant en économie avancera. “L’avènement de l’alliance politique des républicains ANR – UDR – MDS, qui gagne davantage de terrain ici à l’université, est perçue telle une menace dans certaines maisons qui se targuent l’ancrage traditionnel dans la région. Et à mon sens, on nous séduit par avec un discours injurieux du moins à l’université. Suite à quoi des divergences majeures lors de prises de décisions dans certains comités ont été constatées par ci par là”. Le vendredi 13 avril, deux jours après les attentats terroristes d’Alger, qui ont ciblé un commissariat de police à Bab Ezzouar et le Palais du gouvernement, les étudiants ont peaufiné un calendrier d’activités diverses, culturelles, scientifiques, sportives et même politiques pour célébrer le long d’une semaine l’historique date du 20 avril 1980 et le Printemps noir de 2001.

L’appel des partis politiques et de la société civile à des marches populaires pour la journée du 17 avril pour condamner le terrorisme n’a pas laissé indifférents ces étudiants qui venaient de subir les affres d’une panique de mort suite à une alerte à la bombe au niveau du campus de Targa Ouzemmour en cette journée du lundi 16. Nonobstant, les injections parasitaires par certains noyaux occultes tendant à les déstabiliser, les étudiants de Béjaïa ont, comme un salut de dernière minute su déjouer et se démarquer de ces manœuvres malsaines.

Résolus dans leurs combat pour la démocratie tel que défini par leurs aînés d’avril 80 et le danger terroriste omniprésent qui les guette, les étudiants de l’université de Béjaïa ont été de la partie et ont marché. Nul intégriste ou autre conservateur ni même ces taupes machiavéliques n’ont eu le dessus sur leur chant à l’unisson.

La communauté estudiantine de Béjaïa a rendu un vibrant hommage via cette expression de rue aux martyrs de la démocratie tous azimuts et a condamné le terrorisme, dans toutes ces dimensions. Si la mobilisation populaire est la meilleure réponse au terrorisme les étudiants de Béjaïa en ont fait une démonstration. Toutefois, ils réitèrent leur soutien indéfectible pour l’alternative démocratique dans le strict respect des lois de la République qu’ils estiment l’exigence de l’heure. Que le sang versé des Amzal, Djaout, Matoub et autres ne soit pas vain.

Amirouche B.

Partager