Une fin d’après-midi d’été B. H., 22 ans embarque à bord de sa voiture la jeune H. M., âgée d’à peine de 14 ans, qui est aussi sa voisine de quartier. Après un tour en ville, où il a acheté quelques provisions et des cigarettes, il prend la route qui monte au mont Gouraya. Selon le recoupement des déclarations faites à l’audience, il s’est arrêté à deux reprises, une première fois à l’ombre des grands arbres où à l’intérieur de la voiture, après avoir déshabillé la jeune fille, il s’est mis à lui caresser les endroits sensibles de son corps et la deuxième un peu plus haut au pic des singes, où le gardien du parking de voiture lui aurait conseillé de rhabiller la jeune et de quitter les lieux. Par des geste, la jeune fille aurait lancé à ce gardien des appels au secours. Et c’est sur le chemin du retour que la police a appréhendé le couple. B. H., a été arrêté et accusé d’attentat à la pudeur sur mineur de moins de 16 ans et de détournement de mineur.
C’est cette affaire que le tribunal criminel près la Cour de Béjaïa a examiné mercredi à huis-clos. Le représentant du ministère public inflige la peine maximale prévue par loi, qui est, précise le juge de 20 ans de réclusion criminelle. Après délibérations, le verdict retenu à été de 10 ans de prison le 15 millions de centimes au titre de dommages et intérêts. Les faits remontent à la journée de 7 août 2006 lorsque, à Taâssast, un vieux quartier situé sur les hauteurs de Béjaïa, vers cinq heures de l’après-midi, l’accusée B. H., fait monter dans sa Clio la victime H. M., qui, à l’audience et à la confrontation affirme que son agresseur l’a faite monter dans la voiture contre son gré et sous la menace de la frapper. Mais l’accusée, pour sa part, soutient qu’il lui est impossible de la forcer à venir avec lui parce que, non seulement, ils se connaissent bien puisqu’ils sont du même quartier mais surtout parce qu’il ont l’habitude de sortir ensemble à la forêt des oliviers et qu’il a l’intention de l’épouser. Il ajoute que si elle l’accuse c’est pour sauver sa face vis-à-vis de ses parents, suite à leur arrestation par la police. Sur interpellation de juge, il dit qu’il est tout à fait disposé aujourd’hui à l’épouser. L’avocat s’est aussi longuement étalé sur l’évolution des mœurs de la société. « Aujourd’hui, plaidera-t-il, les jeunes ne marient pas avant de bien se connaître ». Et Gouraya, dira-t-il en guise de réplique au procureur général qui fait allusion aux lieux de débauche en évoquant le Pic des singes, n’est pas un lieu isolé où vont les dépravés, mais un endroit qui reçoit surtout, en été, des milliers de visiteurs par jour. Il insistera aussi particulièrement sur le fait que s’il y a attouchements entre les deux jeunes, il n’y a jamais eu viol, ni violence. A la fin de leurs interventions, les deux avocats qui assurent la défense de l’accusée, plaideront, tour à tour, le bénéfice des circonstances atténuantes les plus larges en faveur de leur client.
B. Mouhoub
