Les étudiants en grève de la faim

Les étudiants de l’Institut supérieur de la formation ferroviaire (ISFF) sont en grève depuis plus de 54 jours. Depuis hier, ils ont franchi un nouveau palier en refusant de s’alimenter.

Dans plusieurs lettres adressées au ministre des Transports, dont l’institut dépend en cotutelle avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, au président de la République et au chef du Gouvernement, ils déplorent les mauvaises conditions de vie et les harcèlements dont ils sont victimes depuis leur débrayage, d’une part. D’autre part, les étudiants grévistes s’insurgent contre l’indifférence avec laquelle les pouvoirs publics ont traité leurs doléances.

«Au lieu de répondre favorablement à nos revendications, ils ont procédé à l’exclusion de neuf étudiants de quatrième année », lit-on dans un communiqué rendu public avant-hier samedi.

Les étudiants revendiquent un statut qui sera à même de déterminer leur avenir, notamment professionnel. Ils exhortent le ministère de l’Enseignement supérieure d’agréer et de reconnaître les diplômes de l’ISFF pour créer une conformité entre les diplômes d’un côté et les attentes du secteur des transports ferroviaires de l’autre.

Les étudiants posent la problématique de reconnaissance de leurs diplômes au niveau de la fonction publique. « Nous avons rien cueillis après 54 jours de grève », regrette un étudiant en grève, avant d’ajouter que « les autorités concernées ont poussé le bouchon plus loin on procédant à notre exclusion », se lamente-t-il.

Un véritable cri de désespoir que lance les étudiants : «Nous avons décidés d’entamer une grève de la faim de trois jours à partir d’aujourd’hui (hier NDLR) et qui sera appelée au prolongement si la situation reste en l’état actuel ». «L’administration nous a interdit d’accès à l’institut, nous étions dans l’obligation de sauter par-dessus le mûr de l’enceinte », annoncent amèrement les étudiants qui invitent les autorités à revoir leur politique vis-à-vis d’un secteur névralgique que sont les transports.

Avec ces grèves incessantes que connaissent les différents secteurs dans notre pays, notamment l’enseignement, on se pose la question sur les véritables préoccupations de nos responsables et leur capacité de redonner à leur secteurs respectif les places qu’ils méritent.

Mohamed Mouloudj