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Belkhadem sur une autre planète

Le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Abdelaziz Belkhadem, a tenu à évacuer toute responsabilité dans le refus d’agrément à l’Union pour la démocratie et la République (UDR) de Amara Benyounes. « Ils disent que c’est Belkhadem qui est derrière le refus d’accorder l’agrément. Ce n’est pas vrai », a-t-il lancé lors de son passage, hier, sur les ondes de l’émission «En toute franchise » de la Chaîne III. Prié de donner son avis sur la différence entre le contrat de Rome, signé à Sant-Egidio en 1995, et la réconciliation nationale, Belkhadem a estimé que beaucoup d’encre et de salive ont coulé à ce sujet. Pour s’en laver les mains, il lance benoîtement : « Je n’étais pas à Rome.

A l’époque, j’étais membre du bureau politique du FLN. Le contrat de Rome est dépassé parce que la réconciliation nationale a complété ce que ce contrat a réalisé. Nous sommes contre l’ingérence internationale. Le contrat de Rome a ses limites. » Quid du retour au week end universel que de nombreux responsables politiques, notamment les plus en vue ont appelé de leurs vœux ? Le Chef du gouvernement s’est montré, en des termes sibyllins, très réticent à cette option que la raison économique dicte d’une manière indubitable. « Je ne crois pas que ce soit un problème de journée. On peut travailler à tout moment. Alors, ou est le problème ? Si c’est un problème de singularité religieuse, il faut maintenir le vendredi comme une journée férie », a-t-il précisé. S’agissant de la révision constitutionnelle, l’invité de la Radio a souligné que des « considérations ont amené le président de la République à ne pas formuler ce projet », en ajoutant que le FLN compte remettre sur le tapis ce dossier, après l’installation de la future Assemblée. Il s’est dit également favorable à la révision de la loi électorale laquelle, de son point de vue, comporte de « nombreuses insuffisances », à l’instar de la proportionnelle au niveau des assemblées locales et de wilayas. « Il faut aller vers un système majoritaire des voix », a-t-il plaidé. Interrogé sur le statut des 15 ministre FLN partant à l’assaut de l’APN, le chef de file de l’ex parti unique a précisé que ses ministres resteront à leurs postes ministériels. Cependant, « j’ai donné instruction à mes ministres à ne pas utiliser les moyens de l’Etat. », a-t-il noté, avant de dire que « la loi n’interdit la candidature qu’aux juges et aux éléments des corps constitués », comme pour répondre à Moussa Touati, patron du FNA qui avait exigé la démission des ministres candidats.

Le patron du FLN est revenu, par ailleurs, sur le vent de fronde qui a secoué récemment son parti à l’occasion de la confection des listes de candidatures, une opération vivement contestée par les militants du FLN. Il a tenté de minimiser cette fronde en affirmant « qu’il est normal que des gens contestent lorsque ils ne sont pas retenus ».

En outre, l’hôte de la Radio s’est dit favorable à l’ouverture du champ audiovisuel au privé, toutefois, avec la mise en place de garde-fous, afin d’éviter les dérapages. « Nous ne pouvons pas être en reste du monde ou recroquevillés sur nous-mêmes », -t-il expliqué. Dans cet ordre d’idée, il a plaidé pour la dépénalisation des délits de presse, expliquant qu’il faut faire la différence entre la liberté d’information, de commentaire et la diffamation.

Hocine Lam.

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