Décidément, la commune d’Illilten ne cesse d’innover et d’occuper la scène médiatique avec le mépris, la bureaucratie et autres coups bas dont sont, quotidiennement victimes les pauvres citoyens de ce lointain bourg.
Une affaire rocambolesque a défié la chronique locale ces jours-ci. En effet, le nommé Ait Chabane Hamouche, résidant au chef-lieu de la commune, ne sait pas à quel saint se vouer ou à quelle autorité se plaindre, et ce, depuis que des travaux de construction de locaux commerciaux ont été engagés, après démolition d’un hangar communal, sur une parcelle de terrain adjacente à sa demeure familiale. Ces travaux ont provoqué le risque d’effondrement total de la maison du plaignant.
Véritable cri de détresse que lance le pauvre citoyen qui se sent délesté de ses droits, « j’ai avisés le maire et le chef de Daïra quand au risque que j’encours avec ma famille, mais mes doléances sont toutes restées vaines », se lamente-t-il. « J’attends la décision de la justice, l’affaire passera en référé le 29 du mois prochain », précise Hamouche, qui a regretté que « l’entrepreneur s’est précipité à la démolition du mûr pour vendre la pierre extraite à mon insu ».
Dans un procès verbal de constatation de dégâts signé par le chargé de l’hydraulique à l’APC d’Illilten le seize du mois en cours, dont nous détenons une copie, entre autres dégâts constatés, il note l’endommagement d’un réseau d’assainissement suite à un glissement de terrain à proximité de la demeure. D’autre part, le responsable a signalé « qu’il y’a urgence de réparer le réseau endommagé pour éviter l’écoulement d’eaux usées à ciel ouvert, vu l’état dégradé du terrain et la pluie qui s’est abattue ces derniers jours ». Dans une mise en demeure transmise par les services de l’APC au huissier de justice de Ain El Hammam, les rédacteurs ont expliqués que « le projet dépend des services de la wilaya et le suivi est du ressort de la Daïra ». Par ailleurs, les services de l’APC ont tenu à indiquer qu’ils ont mis en garde la société en charge du projet quant aux dégâts qui peuvent découler de cette situation que d’aucuns jugent irréversible.
Dans le rapport de Me Amarni Karima, huissier de justice à Ain El Hammam, on peut y lire qu’il y a éboulement et cassure de la terre en bas de la demeure. En outre, il y est mentionné l’existence de « fissures sur le mûr de la cage d’escaliers de la bâtisse ainsi que sur le mur de soutènement qui la clôture ».
Hamouche se sent fortement offensé par cette démarche méprisante et machiavélique en même temps. A ses yeux, les autorités ont mené unilatéralement ces travaux sans même demander l’avis du premier concerné, qui se retrouve aujourd’hui ballotté entre les différents services à la recherche de ses droits bafoués par ceux qui sont censés les protéger.
Résolu à aller jusqu’au bout de son combat, Hamouche a déclaré que les responsables de la société en charge des travaux sont tenus reprendre le travail et bétonner la plate-forme qui s’est dégagée dans le but, dit –il, « de dissimuler les preuves des dégâts occasionnés en voulant bétonner la plate-forme et cacher, de fait, les fissures engendrées sur le mur de ma maison », se révolte-t-il.
Les responsables de ce projet qui consiste en la création de cent locaux commerciaux pour les jeunes chômeurs de la commune auront, certainement, le mérite d’extraire des jeunes des affres du chômage et celui de mettre toute une famille dans la rue. C’est à eux de voir !
Mohamed Mouloudj
