La Dépêche de Kabylie

Une programmation à… l’envers

Après avoir accusé un retard assez conséquent, la campagne de vaccination animale vient d’être enfin lancée selon le délégué communal de l’agriculture de la commune de Saharidj que nous avons approché. Il n’en demeure pas moins que le calendrier et les programmations des sorties sur le terrain des équipes de vétérinaires sont, d’après certains éleveurs, controversés.

En effet, les lieux d’interventions indiqués par voie d’affichage sur les lieux publics fait ressortir que le démarrage et le lancement de cette campagne se ferait à partir de la haute montagne et progressivement vers les plaines qu’elle atteindra selon les prévisions de notre interlocuteur vers la fin du mois de mai et cela, contre toute logique sachant que la gamme des vaccins (fièvre aphteuse, clavelée et anti-rabique) sont des traitements préventifs destinés à la couverture de la santé animale en période chaude, or les premières vagues de chaleurs arrivent par le sud par rapport à la daïra de M’chedallah et cela à partir de la première semaine du mois de mai, ces chaleurs caniculaires n’arrivent à la montagne et ne s’installent que vers la fin du mois de juin, selon ces mêmes éleveurs qui expliquent que l’effet de ces vaccins perdrait de son efficacité avec le temps avant l’arrivée des chaleurs en haute montagne tandis que dans les plaines, ces équipes de vétérinaires seront précédées par la période où ces maladies se manifestent et arriveront avec beaucoup de retard.

L’argument avancé est que les vétérinaires veulent commencer avant que les troupeaux de bovins ne soient lâchés dans les pâturages en montagne, un argument qui ne tient pas la route et qui démontre, en même temps, de leur « inconnaissance » des habitudes des éleveurs en matière de pâturage car les troupeaux bovins sont lâchés dès la fin février, soit immédiatement après la fonte des neiges et cela pour économiser le foin et la paille engrangés et bien souvent à cause de la rupture des stocks individuels des aliments de bétail consommés durant l’hiver.

La programmation de la campagne de vaccination du cheptel s’étant faite sans que ne soient consultés les premiers concernés, les éleveurs en l’occurrence, ce fiasco est inévitable de même que l’objectif ciblé, à savoir la santé animale, ne serait jamais atteint.

Ces équipes ne doivent-elles pas réviser l’itinéraire dans le sens sud-nord au lieu du nord-sud ? Et si la subdivision de l’agriculture de M’chedallah demandait un renforcement des équipes, une solution qui lui permettra certainement de clôturer la campagne dans les délais ?

Omar Soualah

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