Des arbres centenaires se meurent

Le pin d’Alep qui compose 80% du tissu végétal forestier du nord du pays ne bénéficie d’aucune considération et subit des agressions quotidiennes, soit par le feu qui ravage à chaque saison chaude des milliers d’hectares, soit par la hache et la scie durant les périodes froides et servant au chauffage ou encore pour libérer des espaces destinés aux constructions et extensions urbaines. Des abattages sont commis sur de véritables pépinières naturelles aux fins d’ouvertures de piste, ceux qui procèdent au traçage de ces pistes n’ont jamais pris le soin de contourner ou éviter ces pépinières et c’est sans aucun état d’âme qu’ils détruisent ces extraordinaires forêts et déracinent des milliers de pieds de pins d’Alep pour aménager des dizaines de kilomètres de pistes qui disparaissent au bout de cinq ans maximum, car non entretenues et abandonnées. Passe encore quand la destruction de ces arbres s’effectue dans la forêt profonde où plusieurs endroits sont dangereux car non sécurisés, mais quand des pins d’Alep centenaires meurent ainsi progressivement à quelques centaines de mètres des bureaux des services des forêts l’on se demande la raison d’exister de cet organisme. En effet, à 200 m seulement à la sortie nord de la ville de M’chedallah, des dizaines de pins d’Alep plus que centenaires se meurent suite à une étrange maladie qui s’est sérieusement installée et se propage jusqu’au niveau de la forêt Aâchaivou, dans la commune de Saharidj. Cette maladie qui a apparu depuis plusieurs années sans que l’on s’inquiète pour autant, ni chercher à en savoir plus sur cette maladie inconnue de nos ancêtres, et si cette épidémie d’un genre particulier se propage à travers les immenses forêts de la circonscription de M’chedallah ? Serait-on capable d’éviter une catastrophe écologique ?

Ces associations écologiques qui poussent comme des champignons depuis quelques temps et qui redoublent de tapage médiatique sont-elles en mesure de juguler cette maladie ? Vu l’important taux d’occupations des espaces végétales par le pin d’Alep, il doit faire objet d’un intérêt particulier de la part de ceux qui se targuent de défendre et promouvoir l’environnement. Le pin d’Alep joue un rôle moteur en matière d’écosystème et d’équilibre écologique. Pour le protéger, il faut commencer par le connaître suffisamment d’où la nécessité de faire appel à des spécialistes et s’investir profondément. A noter que le pin d’Alep de Thiadha dans la commune de Saharidj compose l’essentiel du tissu végétal et forestier à travers toute la Kabylie et qu’il est pour l’environnement ce qui est l’olivier pour l’agriculture, par conséquent, le pin d’Alep est le poumon par lequel respire toute la Kabylie de plus sa racine asséchée à des pouvoirs thérapeutiques utilisée depuis la nuit des temps par nos ancêtres contre la grippe, le rhume et les bronchites.

Omar Soualah