Premiers Mai d’antan et d’aujourd’hui

Mais où sont passés les Premiers Mai d’antan ? La fête se préparait plusieurs jours à l’avance, chaque corps de métier confectionnant le char sur lequel il devait défiler.

C’est que, à l’époque, il n’y avait pas de Premier Mai sans défilé : à Alger, on allait de la place des Martyrs à la place du Premier mai, derrière le long cortège des chars portant les représentants des métiers, flanqués de leurs symboles : serpes et tracteurs pour les paysans, usines en miniatures pour les travailleurs, cahiers et compas géants pour les enseignants etc.

Les slogans, sur des banderoles également géantes, claquaient au vent ‘’vive la Révolution industrielle », ‘’vive la Révolution agraire », ‘’à bas la réaction », ‘’vive le parti du peuple » : le parti du peuple, c’était, bien sûr, le parti unique… A certaines époques, on prenait aussi prétexte du 1er mai pour distribuer des ‘’bénéfices » : les entreprises nationales réalisaient des bénéfices !

Aujourd’hui, il n’y a plus de tralala ni de démagogie : les travailleurs ne se nourrissent plus de slogans mais de faits. Aujourd’hui, la préoccupation est plus à la sauvegarde de l’emploi et à l’amélioration des conditions de travail et de vie… L’Algérie, engagée de plein pied dans la modernisation de son économie a besoin… de plus de travail ! Signalons aussi que les premiers mais grandiloquents ont disparu des places de Moscou, de Belgrade et de Berlin-est, autres ‘’pays socialistes », qui faisaient du travail un culte mais qui ont conduit leurs économies vers la ruine.

K. Aït Larba