Et si les élections législatives étaient transparentes ? La question mérite d’être approfondie d’autant plus que les amendements à la loi électorale permettent désormais aux partis politiques d’être plus présents dans les différentes opérations électorales, du contrôle du vote jusqu’au dépouillement. Une commission politique de surveillance des élections, présidée par Said Bouchaïr, est en place. Le président de la République l’a solennellement exhorté, ainsi que l’administration, à la neutralité totale.
Or, depuis le début de la campagne électorale, à sa deuxième semaine, qui a tout l’air d’avoir atteint son rythme de croisière au niveau des états-majors des partis, des candidats à la députation sillonnent les quatre coins du pays pour capter les précieuses voix des citoyens. Il est permis d’affirmer, sans ambages, qu’un climat d’indifférence totale pour ces législatives règne au sein de la population. Les citoyens vaquent à leurs occupations quotidiennes, lassés par les promesses non-tenues, les irrégularités qui entachaient les précédents scrutins ou carrément la fraude massive en faveur du puissant du moment. Ajoutez à cela, la perte des repères et l’instabilité politique qui ont engendré une situation de démission, du reste logique, des Algériens à la chose politique.
Pourtant tout-cela ne peut à lui seul, justifier cette désaffection. N’y a-t-il pas une responsabilité due à la politique de triomphalisme des partis de l’Alliance présidentielle ? En effet, le discours de ces trois formations donne l’impression comme si tout était joué d’avance. Le FLN qui se targue d’être la fontaine de la paix retrouvée, prophétise un raz-de-marée électoral en sa faveur. Le RND prédit une deuxième place avec un score amélioré par rapport aux législatives de 2002 et le MSP s’est carrément offert le taux de 30 % des sièges de la future assemblée.
Cette pseudo-stratégie de campagne influe considérablement sur l’état d’esprit des citoyens. Elle constitue une agression à leur bon sens.
Ce genre de discours, tout comme celui qui instrumentalise l’image et le programme du Président, destiné à cacher la misère politico-idéologique des uns et des autres, dissuade les citoyens à se déplacer aux urnes et conforte l’idée que les dés sont par avance pipés. Et si c’était là le but recherché ?
Yassine Mohellebi
