Une infrastructure complètement hors jeu

l On savait le stade OPOW complètement désaffecté, avec une pelouse calamiteuse et ennemie jurée des chevilles, mais ce qui était connu des seuls sportifs est désormais étalé au grand public : l’état des salles. Au nombre de trois, elles ne répondent plus à aucune norme. Ainsi, la Salle bleue, vétuste, prenant l’eau de toutes parts à chaque pluie, tient plus d’une piscine que d’une salle propre à une pratique saine et sans danger des sports collectifs. L’état de ces structures est tel qu’il serait criminel de laisser encore nos enfants s’adonner à leur sport favori sans risquer, un jour, de recevoir en pleine tête une poutrelle métallique ! Le bastion du volley-ball national, toutes catégories confondues, ne dispose d’aucune salle fiable, sans danger et offrant les commodités basiques. Qui l’eut cru ?

Le transport urbain entre les mains d’inconscients

l La fâcheuse propension des conducteurs de bus et fourgons du transport urbain d’improviser haltes et arrêts d’exception est devenue la règle. C’est ainsi que sur n’importe quel trajet, le chauffeur accélère brusquement mettant à mal les réflexes des usagers debout et qui s’accrochent à tout ce qu’ils trouvent sous la main, ou adopte un train de sénateur, s’arrêtant trois ou quatre fois entre deux arrêts. « C’est, se justifient-ils, pour mettre le plus de distance entre eux et le bus qui est devant ». L’usager pressé est prié de se la mettre en sourdine, sous peine d’être pris pour cible par le couple conducteur-receveur et d’en entendre des vertes et des pas mûres. Quant à ceux chargés de mettre un semblant d’ordre dans tout ça, ils demandent une bassine et de l’eau pour refaire le coup d’un certain Ponce dit Pilate ! D’autres qui n’ont jamais été à l’école du civisme et du service public rechignent à l’idée de passer par l’incontournable terminus, faisant demi tour au carrefour de la gare ou au rond-point du port. Au vu et au su du syndicat qui de par sa double qualité de juge et partie ferme les yeux sur ces pratiques peu cavalières.

La mercuriale en baisse, la qualité aussi !

l Si les prix des fruits et légumes ont nettement baissé ces derniers temps sur tous les marchés de la cité, c’est dans la plupart des cas au détriment de la qualité : tomate à 20 DA à moitié écrasée, patates à 30 DA visibles à peine sous une gangue épaisse de terre, artichauts défraîchis, blettes rongées par les bêtes, petits pois à 60 DA tachetés, pommes à 70 DA à moitié pourries. Si les services chargés du contrôle de la qualité faisaient le moindre effort, c’est tout ce qui est offert à la vente qui est à déclasser et à transférer à la décharge ! Voilà à quoi en est réduit le citoyen d’un pays renommé par la qualité de ses produits agricoles, surnommé jadis « Le grenier à blé de Rome » et qui sous la colonisation a permis au peuple français, misérable et sujet à de fréquentes disettes de relever la tête et d’améliorer considérablement son ordinaire.

Les politiques locaux tournés en dérision

l La classe politique locale s’apparente à une image écornée depuis, mais longtemps véhiculée par Hollywood. Il s’agit du cliché accolé par les Yankees aux Mexicains, leurs voisins du Sud. Ces derniers font longtemps la « siesta » puis une fois réveillés cassent tout ; font la révolution pour retourner à leur occupation favorite, le farniente, sous un énorme sombrero percé d’un petit trou d’où ils surveillent les alentours. La ressemblance s’arrête là, au niveau de l’hibernation et du réveil à intervalles réguliers. Mis à part quelques parties, présents tout au long de l’année, le reste ne fait de la politique qu’une activité secondaire, partielle, exception faite à l’approche des échéances électorales. Tour à tour roublard, affichant un messianisme qui consiste à faire de lui « The right man at the right place », promettant tout pour ne rien tenir, ils émergent de l’ombre pour y rapidement retourner en cas d’échec (l’issue normale et logique !). En attendant la prochaine… C’est la dernière qui circule à Bgayet dans les cafés et les bars, les marchés et les quartiers…

Mustapha R.