Le vide culturel s’installe

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Au lendemain de la révision constitutionnelle de 1989, qui a garanti et consacré le droit de création de partis politiques et d’associations culturelles où autres, aussitôt le paysage culturel algérien s’est complètement métamorphosé. Des associations culturelles ont rapidement commencé à proliférer partout à travers le pays, à l’image de la région de Kabylie où elles poussaient d’une façon vertigineuse comme des champignons. Ce fut alors un bon signe, surtout pour la culture dans notre pays. En effet, avec le peu de moyens dont disposaient ces associations, des jeunes bénévoles et volontaires, aux convictions fortes et à la détermination de fer, avaient pris les choses en main. C’est ainsi qu’ils ont réussi des exploits extraordinaires telle que la création de plusieurs troupes théâtrales et chorales. Également, des jeunes chanteurs et acteurs talentueux étaient encadrés et issus de ces associations. D’ailleurs, l’activité culturelle a connu, alors autrefois, un rayonnement et un dynamisme sans égal. Des jeunes se sont donnés à fond et sans relâche, et ils ont sacrifié leurs temps leur argent et leurs ambitions, au service de la culture, mais au bout d’une décennie riche en activités culturelles, ces animateurs se sont sentis seuls, sans moyens et aides et surtout gênés par le manque de considération à leur égard. Ce fut le cas, en effet, de plusieurs précurseurs du mouvement associatif, à l’image de ceux de l’Association culturelle Aghbalou (ACA), qui se sont maintenant éclipsés et ont disparus de la scène et ce après une décennie de travail bénévole sans relâche laissant ainsi derrière eux un réel désert et un vide culturel. Toutefois, des étudiants réunis en collectif, tentèrent il y’a deux ans de créer une association et un club scientifique, mais malheureusement en vain, ou encore, quand l’été 2004, d’autres jeunes ont essayé pour leur part de se mobiliser, mais, aussitôt ils laissèrent tomber ce projet et face à toute une galère administrative, et un tas de paperasses à préparer et également le manque d’encouragement. Des volontaires abandonnent leurs démarches à mi-chemin. Rappelons aussi que la création d’une association n’est sûrement pas une tâche facile, car elle exige beaucoup de volonté, de détermination et de patience. A l’heure actuelle, à travers toute la municipalité, une seule association subsiste, créée il y’a quelques mois, et elle n’a pas de siège, ni de cadre légal, dans la localité de Selloum. Et vu l’absence d’activités culturelles et artistiques dans la totalité des localités de la commune, les jeunes baignent dans un quotidien presque invivable et surtout violent, rythmé par le vol, l’agression et la délinquance, après avoir élu domicile dans la rue et les salles de jeu. Un manque énorme d’infrastructures d’accueil de jeunes (maison de jeune ou centre culturel) est à signaler.

Djamel M.

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