La Dépêche de Kabylie

Les producteurs privés gèlent la grève

La crise de lait, conséquence directe des fluctuations du marché international, qui a failli mener à la disparition du lait pasteurisé en sachet dans notre pays suite à la décision prise par les transformateurs privés de recourir à la grève, vient de connaître son épilogue.

En effet, la Fédération nationale de l’industrie agroalimentaire (FINA) affiliée à la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA) qui a gelé son activité depuis le 9 du mois en cours était même allée jusqu’à accorder aux autorité concernées un délai de dix jours pour trouver un dénouement à cette crise qui n’a que trop duré. Quatre jours après la grève des producteurs privés, le ministère du Commerce a favorablement répondu à la requête de la CIPA qui a revendiqué la mise en place des mécanismes d’indemnisation des producteurs privés à travers la compensation de 20 dinars par litre et l’octroi de subventions déjà promises par les pouvoirs publics. Après plusieurs réunions de travail qui ont regroupé les producteurs privés et les représentants des départements de Djaâboub et de Medelci, la CIPA qui a accepté le mécanisme de compensation a décidé de geler sa grève et reprendre son activité. La reprise de travail de la chaîne de production du lait en sachet a été confirmée dans un communiqué publié par la CIPA dans lequel on pourrait lire  » le principe de la compensation du prix de ce produit, d’une part et de la poudre de lait destinée exclusivement à la production de lait pasteurisé en sachet, d’autre part, a été réitéré.  » Un accord provisoire a été conclu entre les deux parties et une subvention de 15 dinars par litre produit a été accordée de mars à juin 2007, et cela en attendant la réception des 20 000 tonnes de la matière première par Milk Trade en juin et qui sera cédée aux producteurs privés avec le prix subventionné.  » Ainsi et pour une période déterminée et à titre exceptionnel, la compensation du différentiel entre le prix réel de cession à la production et le prix réglementée sera prise en charge en amont dans un cadre concerté et coordonné, basé sur un mode opératoire adéquat », précise le même document. A en croire le P-DG de Giplait, la transaction a été déjà conclue et la FINA continue de se concerter avec les représentants du ministère du Commerce afin d’adopter la meilleure manière de stabiliser l’approvisionnement du marché en produits laitiers. Un accord qui, faut-il le souligner, permet de garder le prix public du sachet de lait pasteurisé inchangé à 25 dinars. Pour rappel, la crise avait pour origine le maintien du prix administré, fixé à 25 dinars depuis 2001 alors que le prix de la poudre de lait a plus que doublé, ce qui a poussé les producteurs privés à proposer aux pouvoirs publics soit la libéralisation des prix, soit la prise en charge par le Trésor des pertes engendrées par la flambée du prix en poudre à l’échelle internationale. Des mesures d’apaisement ont été préalablement prises par le gouvernement qui a déboursé 15 milliards de dinars pour soutenir le prix du lait et une enveloppe de 6 milliards de dinars a été accordée au groupe public Giplait chargé d’importer et de distribuer la poudre de lait.

H. Hayet

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