Depuis que les immeubles appelés « CNEP/APC, présentent des fissures, une véritable psychose s’est installée au sein de la population, alarmée au moindre bruit suspect. Ce qui s’est passé, lundi dernier dans l’après-midi, en est la parfaite illustration.
Un bruit venant du bâtiment compris entre les rues Bounouar et Colonel Amirouche, suivi de chute de brique et de ciment, a eu pour effet d’alarmer toute la ville qui s’attendait à voir arriver le pire. L’information a vite fait de circuler dans les quartiers les plus reculés. Sur place, les services de police, veillaient à la fluidité de la circulation et écartaient les badauds.
Pendant ce temps, les curieux et les locataires, absents au moment des faits, continuaient à affluer de toutes parts. Nous y avons rencontré, aussi, le chef de daïra d’Aïn El Hammam, venu constater « les dégâts » et surtout, rassurer la population. Il nous a appris, par ailleurs, qu’un expert, dépêché par le ministère de l’habitat, était passé la veille (dimanche) et qu’il n’avait rien décelé de grave.
L’heure était tout de même aux palabres où les responsables évitaient à la population de céder à la panique alors que les commentaires quant à un éventuel accident allaient bon train, au milieu de la foule. « Il n’y a aucun danger », soulignera le SLEEP d’Aïn El Hammam, après une observation de l’extérieur de la construction. Un habitant de l’immeuble qui a préféré emmener sa famille, ailleurs, nous a affirmé avoir entendu le bruit de l’intérieur de son appartement, situé, pourtant, loin de la fissure.
Ce qu’un cordonnier de la rue mitoyenne a confirmé : « j’avais pensé à un accident de voiture et lorsque les gravats sont tombés, j’ai vite compris que cela provenait du bâtiment ». Hamou, un autre locataire s’insurge contre « le retard de toutes ces commissions techniques et autres bureaux d’études pour rendre les résultats de leurs travaux », ajoutant « Les locataires veulent être réconfortés ou évacués s’il y a danger ». Pour le moment, on constate à vue d’œil que la fissure augmente et la face nord de l’immeuble est craquelée de haut en bas. Le rideau métallique d’un local situé au rez-de-chaussée, déformé par la pression, est une autre preuve que quelque chose « a bougé ».
Est-ce grave ? Pour le moment personne ne peut répondre. « C’est pour cela que ceux qui sont chargés d’étudier la question doivent arrêter de tergiverser », nous dira un citoyen. Il y va de la vie de nombreuses personnes.
Nacer B.
