Boumerdès – Zones touristiques – 4 674 constructions illicites recensées

à quand l’application des décisions de démolition des constructions illicites érigées à l’intérieur des zones touristiques de la wilaya de Boumerdès ? Près de 4674 infractions ont été enregistrées par les services de l’uranisme locaux de 2010 à 2017 dans ces zones créées principalement en 1988. Dans un document établi par la Commission de tourisme de l’APW, seules 652 décisions de démolition établies ont été appliquées, soit 13 % du total des infractions enregistrées.

A noter que la quasi-totalité de ces constructions illicites sont érigées dans les zones d’expansion touristique à l’est de la wilaya, notamment Zemmouri, les Figuiers et Cap-Djenat pour ne citer que ces localités balnéaires. Ces zones sont classées par le ministère de la tutelle et donc protégées par la loi, mais on continue de piétiner la réglementation et de laisser de vastes parcelles touristiques à l’abandon sans qu’aucun investissement concret ne soit réalisé.

C’est le fiasco, lorsqu’une wilaya recelant de telles potentialités ne sont pas exploitées convenablement sans oublier les constructions illicites, qui enlaidissent le décor des villes côtières. «Lors de notre passage dans ces zones, nous avons constaté de visu des personnes qui continuent de construire sans autorisation et alertés de ce fait les responsables concernés, afin qu’ils mettent un terme à ce comportement, qui risque d’entraver le développement touristique de la région», nous dira l’un des élus.

Et de dénoncer par la suite l’immobilisme des responsables en charge de ce secteur et celui de l’urbanisme. «Ces constructions portent préjudice non seulement au cadre de vie mais aussi au tissu touristique des Zones d’expansion touristique (ZET)», a-t-il ajouté en substance. A Cap-Djenat, il a été recensé près de 1000 constructions illicites éparpillées à travers le littoral. Ces habitations de fortune ne sont pas, dans leur majorité, raccordées aux réseaux d’assainissement et d’eau potable. Le risque est élevé quant à la contamination hydrique et autres maladies menaçant la santé des habitants.

A Zemmouri et aux Figuiers près de 1000 autres habitations de fortune sont érigées sur le littoral offrant ainsi un décor des plus désolants. L’absence de l’autorité de l’Etat a fait que des citoyens profitent de la situation pour squatter ou construire anarchiquement des maisons de fortune à tout-va. Ce phénomène a connu de l’ampleur durant les années 2000. Outre ces constructions illicites, les élus APW ont fait remarquer que les lois de la République ne sont pas encore appliquées sur les habitations inachevées.

L’instruction ministérielle N° 02 du 21 février 2016, fixant les modalités de traitement des travaux d’achèvement externes des habitations, n’est toujours pas appliquée. Et d’ajouter que les brigades de contrôle et de recensement des habitations inachevées ne sont toujours pas installées au niveau des communes de la région.

Youcef Z.