Une grande désaffection

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Six listes, cinq partisanes et une indépendante, sur la trentaine en lice pour les législatives, se sont partagé les onze sièges à pourvoir à Béjaïa. La redistribution des cartes annoncées avec grand fracas n’a donc pas eu lieu. N’eut été l’irruption tonitruante d’une liste indépendante et de deux partis, le RND et l’ANR dont c’est les premiers succès sur l’échiquier local, il n’y a vraiment pas matière à statuer sur un scrutin où les partis traditionnels ont raflé la mise. Même le taux de participation, 17,79% à peine pour 79 423 votants, qui n’a jamais été aussi bas, hormis l’épisode particulier de 2002, a été prévu par nombre d’observateurs et ne constitue donc de ce fait guère une “anomalie”. Facteurs objectifs et subjectifs se conjuguent pour faire de la région un bastion rétif à l’acte électoral.

Vainqueur de ces joutes, avec quatre sièges, le RCD espérait pourtant faire beaucoup mieux. L’absence du rival de toujours, le FFS qui s’est abstenu, a laissé planer dans les rangs du RCD un optimisme démesuré. Pari tenu pour le RND qui, avec deux sièges, voit son long travail, fait de patience et de pugnacité, être enfin récompensé. Cette première pour le parti d’Ouyahia à Béjaïa “est le fruit des leçons tirées des échecs passés”, dira la tête de liste,

M. Omar Alilat. L’ANR a failli faire les frais d’une “erreur” de calcul n’eut été la vigilance de ses représentants. Ce n’est qu’après recours que ce parti se voit rétabli dans son droit. Quant au FLN qui a traversé une période de turbulences, on ne le voyait pas loger à telle enseigne. C’était sans compter sur son fief traditionnel, Kherrata, où il opère une OPA sur les voix de ses soutiens. Il a obtenu du coup deux sièges. De son côté, la liste indépendante El Wafa du P/APC d’Amizour, M. Belkacem Meziane, se voit récompensée par un siège et s’invite dans la foulée, dans la cour des grands. C’est plus l’action de l’homme, la façon dont il a mené une campagne sobre, sans grandes promesses, que le citoyen a retenu. Enfin, le dernier siège est revenu au RPR, une formation qui n’était jusqu’alors qu’un sigle. L’heureux élu est le notoirement connu Smaïl Mira. Voilà pour la distribution des cartes. A Béjaïa-ville, on a très peu voté, à peine 14,83% de participation. A l’opposé, Darguina avec 41,45% de suffrages exprimés, s’offre le taux le plus élevé. Amalou, à l’inverse, détient la palme de la plus basse affluence avec un petit 8,47%.

M. R.

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