l En boudant les urnes, près de 75 % de citoyens électeurs ont exprimé leur refus de se faire représenter au Parlement national. Les 24 listes en lice n’ont, au final, réussi qu’à mobiliser 116.442 citoyens électeurs sur les 408 507 inscrits. Et sur les 116 442 votants, 99 805 suffrages seront exprimés. Une petite opération de calcul nous permettra de relever qu’une liste de 08 candidats n’aura retenu l’attention que de 4 000 citoyens. Et si l’on pousse loin le calcul, on retiendra qu’un candidat sur les onze que contient le liste n’aura intéressé que près de 363 citoyens électeurs. Ce qui n’oblige pas le candidat, quel que soit son profil politique, à faire entendre son idéal : la fibre tribale est amplement suffisante pour amadouer les 363 citoyens.
C’est d’ailleurs ce qui s’est passé, puisque chaque candidat n’a fait le plein que dans son douar. Plus grave encore, ce même douar a conduit à Zighout des candidats quasiment sans parcours politique.
Mais, il n’y a pas que la tribu qui a voté. L’argent aussi a pesé de toute son indécence. Un candidat indépendant sorti de nulle part et qui a les moyens de sa politique nous a servi à Bouira une véritable campagne à l’américaine. Sa démarche payera, puisque il a réussi à arracher un siège.
La fraude aussi a été de la partie. A Ain Laloui, un citoyen nous montrera sa carte d’électeur visée deux fois. Le citoyen en question a voté deux fois. Un autre citoyen nous prend à témoin : “Je suis allé pour voté et j’ai trouvé qu’on a déjà voté à ma place”. A l’Ecotec de Bouira, c’est un centre de vote en ébullition que nous y avons trouvé. Rassemblement, colère…une atmosphère qui sous-entend un détournement de voix éventuel. A El Djabahia, l’ex-ministre et non moins tête de liste du FLN et le maire du RND en sont carrément arrivés aux mains. La rixe avait les senteurs d’une fraude annoncée. Ainsi, la tribu, l’argent et la fraude ont mobilisé 28, 50 % d’électeurs.
Les autres, les près de 72 %, attendent toujours qu’on les intéresse.
T. Ould Amar
