Dix-sept mai. Jour de vérité pour l’ensemble des formations politiques. Leur avenir est entre les mains des Algériens. La capitale s’est emplie de silence. 10h 45. Empruntant la rue Hassiba en direction du boulevard Mohamed V, nous avons abordé certaines personnes qui semblaient désintéressées par ce scrutin. Ce groupe ne semble pas avoir l’intention de se déplacer au bureau de vote qui est à quelques pas de chez eux. « Voter pour qui ? » s’interroge un jeune homme d’une vingtaine d’années. Ce dernier, avec un regard plein d’amertume, nous a fait savoir que « la situation de notre pays se dégrade de plus en plus, alors pourquoi voter pour des gens qui viennent remplir leurs poches sur le dos du peuple… » Poursuivant notre chemin, à la montée du Boulevard V, où le quartier semble tombé dans la morosité. Direction siège de l’UDR. Invités à prendre part à leurs discussions, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et la République (UDR), Amara Benyounès, d’un air tendu suit avec beaucoup d’intérêt le déroulement de ce rendez-vous politique tant attendu. Selon le bulletin d’information diffusé sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale, les premiers résultats de participation avoisinaient le taux de 6,75 %. « Jusque-là les élections se déroulent normalement, quand bien même la participation est faible par rapport à celle de 2002 », a commenté Benyounès à cet effet. Pour ce parti démocrate, c’est sa première participation dans une compétition politique nationale. « Le parti est venu pour répondre aux aspirations de la population. L’UDR est un parti de jeunes. Nous voulons apporter le changement que revendique, depuis l’indépendance, la société algérienne », a déclaré Amara Benyounès rencontré au siège national de son parti, sis au niveau du Bd Mohamed V, au centre d’Alger. S’apprêtant avec assurance à accomplir son devoir électoral, un cortège le conduisait vers l’école primaire du Parc de la Liberté, au Télémly, où il a passé son enfance. Au sein de ce centre de vote, l’affluence est particulièrement faible. Les électeurs ayant accompli leur devoir électoral dans les salles réservées aux hommes sont en nombre insuffisant. Sur 390 inscrits, juste 39 ont jeté un bulletin dans l’urne, aux environs de 16h 25 mn. Selon l’un des observateurs apostrophés, il a tenu à expliquer que « cela est dû à un rejet massif d’une classe politique incapable de se renouveler et d’ouvrir de nouvelles perspectives ». De retour au siège, l’inquiétude commence à paraître sur les visage des responsables du parti. Des va-et-vient qui ne cessaient pas. Les téléphones n’arrêtent pas de sonner d’ici et de là pour la transmission des informations entre les 48 willayas du pays. Téléphone portable vissé à l’oreille, le premier responsable de l’UDR nous fera part de ces informations. Certains échos, pas réjouissants du tout, parvenant d’un des centres de vote de la wilaya de Béchar, au Sud-Ouest du pays, font part de l’inexistence inexpliqué des bulletins de vote du pôle républicain, (ANR et UDR). Ce à quoi, un recours a été adressé à la Commission nationale de surveillance du scrutin. Des irrégularités et des dépassements ont été également constatés dans la région de Rouïba à l’ouest d’Alger où des bulletins FLN ont été retrouvés à l’intérieur des urnes. Exprimant ses appréhensions devant le taux important d’abstention, il dira que « c’est l’un des facteurs majeurs qui favorise la fraude. » L’alliance républicaine constitué par l’ANR-UDR et une partie du MDS de Hocine Ali compte tenir une conférence de presse aujourd’hui pour commenter les résultats de ce scrutin.
Nabila Belbachir
