Près d’une centaine de travailleurs venus des huit communes des daïras de Tigzirt, Ouaguenoun et Makouda ont organisé, dans la journée de lundi, dernier un congrès qui a vu la naissance de l’Union locale UGTA, propre à cette région et dénommée Union locale de Ouaguenoun.
En plus des travailleurs tous secteurs confondus, l’on compte la présence de Bachir Ramdani, SG de l’union de wilaya UGTA de Tizi Ouzou et de plusieurs autres membres de l’exécutif de cette instance, ainsi que des responsables du Syndicat d’entreprise de l’éducation (SETE) et d’autres cadres de différentes unions locales de la wilaya. Il y’a également la présence du sénateur Rachid Arabi, de Ali Belkhir, maire de Ouaguenoun, de Mustapha Oudiai, président de la fédération des enfants de chouhada, de Mohamed Selleh, maire d’Aït Aïssa Mimoun, de Mehala, maire de Timizart et de plusieurs anciens cadres de l’UGTA.
Les travaux de ce congrès constitutif ont commencé après une minute de silence à la mémoire de tous les martyrs de l’Algérie, ainsi qu’à la mémoire des victimes du séisme du 21 mai 2003, du fait que l’événement coïncide avec l’anniversaire de cette catastrophe naturelle.
Un discours touchant et ferme a été tenu par Bachir Ramdani, suivi d’autres prises de paroles tenues par les maires d’Aït Aïssa Mimoun et de Ouaguenoun, du sénateur Rachid Arabi et du président de la FFC.
Dans son discours, le SG de l’Union de wilaya a dénoncé les difficultés qui touchent le monde du travail. Il a évoqué longuement aussi la situation socio-économique, le chômage notamment, qui affecte sérieusement une grande partie de la population active de Tizi Ouzou. Il a dénoncé aussi les insuffisances concernant la lutte contre le chômage et les lenteurs dans la concrétisation de projets porteurs de richesses et d’emplois.
« Le secteur économique est contenu dans une démarche de privatisation. 2,4% sur les 6,2% de cotisations ne sont pas versés à la CNAS par ce secteur. Nous plaidons pour un secteur privé stable qui se respecte, qui déclare ses travailleurs, crée des richesses et paye les impôts. Le secteur privé est une réalité, mais il faudra le définir objectivement », a déclaré Bachir Ramdane devant les travailleurs.
Il a dénoncé encore fois la situation socio-économique des travailleurs de la wilaya de Tizi Ouzou. Selon l’UGTA, le taux de chômage qui oscille entre 12 et 15% est faux. « Tizi Ouzou est une wilaya de 1,3 million d’habitants au relief accidenté et pauvre, souffre d’un chômage endémique qui touche plus de 30% de la population active. A cela s’ajoute l’atteinte portée à la notion de l’emploi par les palliatifs mis en place tels les CPE, le filet social, l’emploi de jeunes, etc », déclare le SG de l’Union de wilaya.
Sur le développement, l’UGTA dénonce aussi la non-consommation de plus de la moitié du budget de wilaya, la gestion du port d’Azzefoun, l’absence de voie ferrée, la non-exploitation d’une côte de plus de 80 km ainsi que les richesses des monts de Djurdjura, etc. L’on a évoqué aussi l’importance que l’UGTA compte accorder à l’information et à la formation des travailleurs et des cadres syndicaux pour lutter efficacement, à la mesure des exigences de l’heure et les mutations connues ces dernières années.
Ali Belkhir, maire de Ouaguenoun, a abondé dans le même sens. Il a plaidé pour une dynamique sociale, culturelle et politique de toutes les localités de la wilaya. « L’UGTA n’est pas un syndicat comme les autres, car il est né dans le feu de l’action, en révolution nationale. Il est un héritage et un patrimoine qu’il faudra protéger et dynamiser », dira Ali Belkhir. Pour ce dernier, « le développement est un tout, un mécanisme sous forme d’une chaîne qui ne peut fonctionner qu’en complémentarité ». Il a évoqué les progrès réalisés par la commune de Ouaguenoun en gestion participative. Conseil consultatif, dans lequel l’UGTA fait partie. La réalisation d’une monographie propre à cette commune et les investisseurs italiens qui comptent lancer des projets créateurs d’emplois dans cette localité. Et au maire de Ouaguenoun de conclure : « Le changement, c’est à nous de le faire. Il n’y aura personne qui le fera à votre place. Ensemble, nous pouvons faire des miracles ». Selleh, maire d’Aït Aïssa Mimoun, a abondé lui aussi dans le même sens. Il a évoqué le passé glorieux de l’UGTA tout en reconnaissant que la mission d’un syndicaliste n’est pas aisée. Il a dénoncé le paradoxe « d’un peuple pauvre dans un pays riche ». Le sénateur Rachid Arabi, a lui aussi plaidé pour le développement de Ouaguenoun et de toutes les localités de Tizi Ouzou, lui aussi dénonce la situation socio-économique de Tizi Ouzou et soutient l’UGTA dans ses revendications tout en dénonçant les palliatifs à l’emploi, le chômage et la pauvreté. « Des médecins ont été contraints de travailler dans le filet social ou emploi de jeunes. C’est honteux. Et tout le monde sait que le pays a besoin de médecins ! « , déclare Rachid Arabi. Et d’enchaîner : « Il faut donner l’importance à la formation de syndicaliste, votre mission est difficile et exaltante. Vous pouvez comptez sur nous dans vos luttes ».
Le congrès s’est transformé en une tribune transpartisane où toutes les parties ont conjugué leur vision à dénoncer la pauvreté et le sous-développement et lutter tous ensemble pour le développement et le recouvrement de la dignité des citoyens.
Les travaux du congrès n’ont pris fin que vers 18 heures. Les congressistes de différents secteurs ont élu un conseil de 21 membres et ce dernier a élu à son tour un bureau exécutif composé de 5 membres. C’est finalement Ahmed Aït Ali, ancien membre de l’Union locale d’Azazga qui a été élu à l’unanimité, comme étant le secrétaire général de cette 6e union locale de Tizi Ouzou. A travers leurs interventions, les membres du conseil et de l’exécutif ont exposé leur programme. En plus de la structuration de la protection des droits matériaux et moraux des travailleurs, l’Union locale de Ouaguenoun compte être une force de proposition qui participera activement au développement socio-économique de toute la région.
Mourad Hammami
