Une année désastreuse pour les fourrages

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Aussitôt démarrée, la campagne des fenaisons tire déjà à sa fin, ce qui explique les mauvaises récoltes qui sont dans certains endroits quasiment nulles. Les agriculteurs sont unanimes à considérer que l’année est très mauvaise. “La longévité des grandes gelées suivies des chutes de neige abondantes ont empêché la poussée de la végétation au moment opportun, c’est-à-dire au début du printemps”, ironise Boubekeur, un jeune agriculteur. D’ailleurs, beaucoup de fellahs s’accordent à dire que le manque de pluviométrie au printemps est la cause de la sécheresse qui a touché même les hauts plateaux, vivier du bétail, notamment les bovins, de la vallée de la Soummam. “Toute l’alimentation en fourrage de notre bétail provient des hauts plateaux où les faibles rendements dans ces régions ont beaucoup pesé sur les prix des fourrages qui commencent d’ores et déjà à grimper sur les marchés entraînant ainsi la dégringolade des prix du bétail qui sont durement ressentis par les éleveurs”, poursuit-il, et enchaine dans la même optique : “Personne ne s’attendait à une telle catastrophe, sinon les gens auraient récolté le maximum l’année passée et constitué des stocks importants au lieu de renoncer à la récolte”. En effet, l’ironie du sort a voulu que l’année passée, les agriculteurs ont laissé dans les champs les fourrages suite aux stoks importants de l’année d’avant, non utilisés ou invendus. Pour ce faire, les éleveurs suivent de très prés les fluctuations des prix des fourrages et du bétail qui sont très instables et difficiles à cerner tant que le bilan de la campagne n’est pas encore établi. “Une génisse qui se vendait à 150.000,00 DA, il y a de cela 3 mois est proposée aujourd’hui pour 90.000,00 DA. Mais beaucoup restent sceptiques et pensent même que ces chutes sont éphémères”, tient à souligner, Lahlou.

L. Beddar

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