l Les habitants de la ville de Tizi Gheniff ainsi que ceux de la périphérie n’arrivent plus à supporter la fumée qui se dégage de l’immense décharge publique implantée à quelques centaines de mètres du centre-ville plus précisément à proximité de la zone industrielle.
« Dimanche dernier, en fin d’après-midi, personne ne pouvait ouvrir les volets de sa maison. La ville était envahie par une fumée insupportable. Tout le monde croyait à un incendie. Finalement, c’était l’incinération des monticules de déchets ménagers entreposés depuis des mois au niveau du dépotoir. C’est du jamais vu, une décharge à l’intérieur de la ville ! » nous a déclaré un cafetier en nous servant un verre d’eau. Effectivement, depuis que les populations des villages Moroko, Adila et ceux des hameaux voisins ont interdit aux camions de décharger les ordures ménagères au niveau de la décharge du village agricole de Adila, le provisoire continue. Ce lieu a été improvisé, et cela dure depuis. Si cela dérange les habitants de la ville, il faut ajouter à cela d’autres désagréments.
D’abord, les odeurs nauséabondes qui s’en dégagent ; et puis la prolifération des moustiques notamment à l’approche de l’été. N’oublions pas encore la santé de ces petits bambins qui rôdent dans les parages à la recherche d’ustensiles en plastique ou autres, souvent tentés par l’envie de gouter aux aliments trouvés dans ladite décharge parfois périmés tels les fruits ou les sodas. Si nous évoquons le cas de cette décharge, il ne faudrait pas se limiter à celui-ci vu que notre environnement est rongé par ces dépotoirs auxquels aucune solution n’ est encore trouvée sauf quand on parle de centres d’enfouissement. A Tizi Ghennif, à titre d’exemple, on nous a même dit qu’une commission avait fait le choix de terrain dans ce sens, mais le projet n’a pas vu le jour. Le problème des décharges, constitue l’épine dans les pied des autorités locales bienqu’il soit recommandé par les responsables concernés de protéger l’environnement.
En tout cas pour les habitants de Tizi Gheniff, c’est un calvaire permanent. Rien ne vaut à leurs yeux l’éradiquation ce dépotoir qui leur empoisonne la vie. « Qu’on ne nous fasse pas des promesses ! L’essentiel est de nous débarrasser de cette zoubia », crie haut et fort un asthmatique.
Amar Ouramdane
