Les défis mondiaux en débat

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« L’énergie dans un monde en mutation », est le thème d’une conférence internationale de deux jours à Paris. Une soixantaine de pays y prennent part, dont l’Algérie représentée par le P-D.G. de NEAL (énergies renouvelables), Hasni Tewfik, qui devait intervenir vendredi sur ce thème central des défis énergétiques mondiaux.

Cette conférence est organisée par le ministère de l’Industrie et de l’Energie de la Russie en collaboration avec l’Unesco. La rencontre regroupe 13 ministres et une quinzaine d’organismes internationaux. Les débats seront consacrés, dans leur majorité : aux défis énergétiques auxquels fait face le monde aujourd’hui et porteront notamment sur l’apport de la science à l’épanouissement des énergies durables et sur l’accès à l’énergie.

Lors de son intervention, le directeur général de l’Unesco, Matsuura Koichiro, a souligné que  » l’énergie est un outil essentiel du développement durable « . Néanmoins, l’orateur a ajouté, que la forte demande énergétique mondiale conjuguée au boum démographique de la planète devrait amener le monde, selon lui, à  » de nouveaux comportements et modes de consommation pour bien gérer la ressource énergétique « .

Par ailleurs, le DG de l’Unesco a souligné que  » le caractère international de ce problème requiert la mise en place de nouvelles stratégies fondées sur une recherche scientifique plus avancée « , avant d’appeler à  » un changement de nos modes de pensée, à repenser l’éducation  » et à  » établir un lien entre la science et la décision politique « .

D’autre part, le DG de l’Unesco a soulevé le paradoxe de la pauvreté énergétique qui, selon lui, creuse les écarts de développement entre pays détenteurs de ressources fossiles et renouvelables énergétiques et les autres.  » La communauté internationale a une responsabilité éthique « , a-t-il dit en plaidant pour une  » équité dans la répartition et dans la consommation des énergies « .

Etant le thème prépondérant de la rencontre et  » le premier grand défi « , le ministre de l’Energie russe, Victor Khristenko, a pour sa part parlé de  » disette énergétique « , soulignant au passage que  » le développement des pays pauvres serait impossible sans ressources énergétiques « . Il a plaidé pour « une plus grande justice dans la répartition mondiale de la ressource énergétique « , car il estime ce critère un facteur fondamental du développement.

Pour Victor Khristenko, le segment dans lequel  » il faut faire des avancées résolues « . est qui constitue le second défi, selon lui est « le développement des énergies renouvelables ». Le troisième défi est  » la diffusion de la connaissance « , a-t-il ajouté. L’orateur a proposé la création d’un  » système international d’échange des connaissances « , afin de maîtriser les connaissances inhérentes à la ressource énergétique. A cet égard, il a proposé aussi la mise en place, au sein de l’Unesco, d’un « fonds mondial des technologies des énergies futures ».

En outre, le ministre russe a plaidé pour l’ouverture d’un  » dialogue énergétique mondial « , pour la mise en place  » d’une stratégie commune qui devrait dépasser la seule vision pragmatique et économique « . après avoir mis en exergue la nécessité du dialogue, il a appelé au  » refus de la politisation et de la militarisation du marché mondial de l’énergie « .

Par ailleurs, le ministre russe a souligné la nécessité d’une politique mondiale  » de partenariats « , à l’exemple du dernier forum à Doha où  » les principes d’une action commune sur le marché du gaz  » ont été évoqués.

Le Commissaire européen à l’énergie, Andris Pielbags, a de son côté, focalisé les défis énergiques mondiaux autour de la question du réchauffement climatique. Cette question qui taraude bon nombre des responsables mondiaux. Le commissaire a souligné la nécessité  » d’une nouvelle révolution industrielle  » qui sera fondée, selon ses dires, sur de nouvelles technologies, dans le but de pouvoir rationaliser la consommation des énergies fossiles et promouvoir celle des énergies dites propres, a-t-il avancé.

D’autre part, l’orateur a également estimé que l’Union européenne doit établir des relations de partenariat avec, surtout l’Afrique. Il a annoncé la tenue d’une prochaine conférence euro-africaine sur la coopération énergétique et qui ciblera les investissements dans le secteur de l’énergie et le développement des énergies renouvelables.

Par ailleurs, dans une déclaration à l’APS M. Pielbags, a évoqué  » les barrières protectionnistes qui entravent l’accès des pays fournisseurs, non-européens, au marché européen de l’énergie devant s’ouvrir totalement le premier juillet prochain « . Il dira, d’autre part au sujet des restrictions à caractère protectionniste, marquées par des comportements de monopole bloquant toutes les formes de concurrence, « ça y est, cela va bientôt se régler », a-t-il ajouté.

Il a également, souligné le cas de l’implantation en Europe occidentale du géant gazier russe Gazprom. Il a, en outre déclaré  » Si le marché de l’Union européenne fonctionne véritablement, alors Gazprom ne sera jamais assez puissant pour constituer un véritable défi pour nous « . Enfin, il a ajouté  » le mixénergétique européen ne concerne pas seulement le gaz « , car, il affirme que  » le marché pétrolier mondial est très compétitif  » et que  » la question de la sécurité des approvisionnements ne s’est jamais posée « .

Mohamed Mouloudj

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