Après la violence, place au débat d’idées

Partager

Des nombreux thèmes allant des droits des étudiants jusqu’à l’actualité nationale ont été évoqués. Il a souligné que lorsque le citoyen est tenu dans l’ignorance de ses droits basiques, le risque de la propagation de l’injustice augmente de façon inéluctable. « La chambre de l’étudiant est une habitation privée. » Il n’est permis à personne de s’introduire dans le domicile d’un citoyen que sur mandat de perquisition délivré par le procureur de la République, après constatation du crime ou du délit », a-t-il expliqué. Et d’ajouter que « la même perquisition doit se faire dans la journée, non pas durant la nuit. » Dans le même ordre d’idées, l’avocat pointe un doigt accusateur vers certaines institutions de l’Etat qui s’avèrent les premières à fouler du pied les lois de la République. Selon lui, notre pays, faute d’une véritable transparence, demeure loin d’être un Etat de droit et une démocratie. N’en restant pas là, il lâche cette boutade puisée du génie populaire : « l’Algérie a beaucoup avancé en arrière ». « Aujourd’hui, nous n’exerçons pas nos droits », a-t-il déploré. Interrogé par des étudiants sur la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, approuvée par le peuple en septembre 2005, le conférencier, partant d’un point de vue juridique, a estimé que celle-ci véhicule des « idées dangereuses » à savoir, « l’impunité et l’interdiction de parler librement sur la décennie noire. » Cela est contraire, précise-t-il, aux décrets internationaux en matière de la promotion et de la préservation des droits humains que l’Algérie avait ratifiés par le passé.« Lorsqu’on efface la mémoire, on ne peut bâtir la justice », résume-t-il. Prié de d’exprimer sur l’état d’urgence en vigueur depuis novembre 1992, M. Bouchachi, a soutenu que les pouvoirs publics ont interdit la pratique politique comme un prétexte pour garantir la sécurité. « Or, les conditions actuelles plaident pour sa suppression », plaide-t-il avec insistance. Quid de l’installation de l’actuelle Assemblée populaire nationale avec 65 % ? Un taux d’abstention jamais égalé ? Le membre de la LADDH indique que juridiquement aucun texte de loi n’existe pour fixer un seuil de représentativité avant de dire que cette APN n’est que « des dépenses de trop pour les citoyens. » Des propos qui ont soulevé les ovations nourris des étudiants. A souligner, que l’association RAJ, comité de Bab Ezzouar, organisera, dans le cadre de ses activités, une exposition de livres et d’articles de presse, une projection vidéo sur l’état des lieux des droits de l’Homme dans notre pays. La même résidence universitaire a été, rappelons-le, le théâtre d’incidents fâcheux entre les forces de l’ordre et des étudiants résidents qui voulaient venger un étudiant algérien tabassé par des résidents angolais. Le calme est revenu grâce aux appels lancés par le RAJ et un comité d’étudiants africains de CUB III.

H. Lam

Partager