Réalisées, pour la majorité d’entre elles, pendant les décennies 70 et 80 du siècle dernier, les pistes rurales desservant les hameaux et bourgades de la région Sud de la wilaya de Bouira se trouvent généralement dans un état de dégradation avancé. Outre la disparition des fossés d’écoulement des eaux et le comblement des puisards et passages busés par des matériaux solides, la chaussée elle-même n’a pas échappé aux effets du climat caractérisé par des pluies torrentielles, particulièrement pendant la période septembre-octobre.
De larges griffes, parfois des crevasses, parsèment l’itinéraire des pistes les rendant impraticables sur des tronçons entiers.
Le diagnostic en a été fait depuis longtemps par les services concernés, à savoir les APC, la Direction de l’agriculture et la Conservation des forêts. A plusieurs reprises, à l’occasion de visites effectuées par le wali ou même certains ministres, les populations n’ont pas manqué de soulever ce genre de contraintes qui pèsent sur l’accès aux terrains agricoles et parfois à certaines demeures excentrées. Si, au cours des dernières années, quelques tronçons ont été pris en charge pour leur réfection dans le cadre des Programmes communaux de développement (PCD) ou dans le PSD des Directions de l’agriculture et des forêts, le volume traité ne représente qu’un infime pourcentage de la totalité du réseau.
Et pourtant, les besoins en désenclavement se font de plus en plus pressants en raison de la nécessité de la mise en valeur du patrimoine foncier situé sur les monts du Titteri et des Bibans ou dans les plaines pré-steppiques.
De même, l’aménagement du réseau de pistes conditionne d’autres travaux comme la mobilisation des ressources hydriques (captage de sources, construction de bassin d’accumulation), les plantation fruitières, les constructions de hangars agricoles et de logements ruraux, etc.
À l’occasion de la mise en œuvre du Projet d’emploi rural (PER 2), cofinancé par la Banque mondiale et qui touche onze communes relevant des daïras de Sour El Ghozlane, Bordj Okhriss et Bir Ghbalou, un programme d’aménagement de 180 km de pistes rurales a été conçu par la Conservation des forêts et les travaux ont démarré juste avant les grandes pluies du mois de mars.
Quatre entreprises ont été engagées sur le terrain. En raison des intempéries qui ont caractérisé la saison printanière, des arrêts de travaux ont été enregistrés, mais ils n’influeront pas sur les délais réglementaires fixés à six mois. Déjà, jusqu’au début du mois de juin, quelque 40 kilomètres ont été réalisés. Avec l’entrée de la saison estivale, le rythme de réalisation est appelé à doubler et l’ensemble du programme est censé être achevé à la fin août. La région Sud de la wilaya vient, en outre, de bénéficier d’un autre quota d’aménagement de pistes sur un linéaire de 300 km dans le cadre du programme des Hauts-Plateaux.
Ce volume sera affecté en priorité à la desserte des massifs forestiers de la région, lesquels n’ont pas été pris en charge pendant toute la ‘’décennie rouge » du terrorisme.
Aujourd’hui, pour valoriser le patrimoine forestier et faciliter la surveillance et l’exploitation des massifs, d’immenses difficultés d’accès se posent aux agents et entreprises chargés de ces missions. Le programme Hauts-Plateaux vient à point nommé pour contribuer à désenclaver les massifs forestiers et les zones rurales en général.
Amar Naït Messaoud
