Epure- merveille

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l On les disait bien partis pour recevoir la raclée sous des airs de tango, et ce fut un des leurs qui connut l’humiliation d’un petit-pont que seul un génie ou un fou peut oser. On craignait un envahissement de terrain, le match France –Algérie étant toujours en mémoire, mais rien de tel n’est venu gêner la quiétude de ces Fennecs en extase. Et quels buts ! Si cette rencontre a permis au coach Cavalli de mesurer le travail accompli jusque là, elle aura eu le mérite de faire de l’ombre à un mythe qui n’est autre que celui d’un certain juin 82 en terre ibérique. Dans ce match, qui se vit comme une parenthèse, on se laisse s’affaler sur son grand fauteuil, hagard, hébété et ne sachant s’il faille croire le speaker.

Des instants où bouger un cil devient une épreuve. Tenir tête à cette équipe d’Argentine très longtemps assimilée à El Pueblo est un gage de renaissance et une certitude que quelque chose est en train de se mijoter agréablement en perspective de la prochaine CAN devant avoir lieu au Ghana en 2008. Et lorsque ces mêmes Argentins se mettent à douter, c’est que c’est sérieux ! Qu’il ne s’agit point d’une éclaircie, mais tout simplement d’une rencontre de football entre deux sélections qui se disputent la victoire. Deux équipes aux palmarès situés aux antipodes mais que le stade mythique de Nou Camp réunit de manière égalitariste. D’ailleurs, il aura suffi aux Algériens d’inscrire le premier but pour voir les rues d’Alger se vider et les estaminets se remplir ; le second pour que les youyous réapparaissent et le troisième pour gonfler d’espoir les cœurs de tous ces Algériens, auxquels le plus mauvais mélo met les larmes aux yeux. Ce fut une soirée mémorable. Réconfortante. De celles qui vous mettent ce brin d’espoir que désormais, l’humiliation dans les joutes continentales devront se conjuguer désormais au passé.

Ce passé, pas très lointain, qui a vu les nôtres se mesurer à des équipes dont la fédération a vu le jour, l’année où les Belloumi, Madjer et autres Fergani, montraient, à la face du monde, qu’il n’y a pas de petites et de grandes équipes mais qu’il n y a que des petits et de grands footballeurs. Il aura suffi d’un match de football pour que les trolleys –bus connaissent une ferveur particulière. Que les manchettes des journaux ressassent à l’infini l’exploit de ces Fennecs que la chaleur du désert a forcé à la transcendance. En un mot, c’est l’espoir qui renait là où le doute meurt, pour paraphraser un homme à qui la vie n’a pas fait que des cadeaux.

Ferhat Zafane

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