l Le tribunal correctionnel Abane-Ramdane d’Alger a décidé, hier, du report pour le premier juillet prochain du procès opposant des animateurs syndicaux au ministère de l’Education nationale. Il s’agit des syndicalistes affiliées à la Coordination intersyndicale de l’éducation nationale, dont Redouane Osmane, porte-parole du CLA, Idir Mohamed de l’UNPEF, Sadali Mohamed Salam du SATEF, Dahmani Tahar du CNAPEST et Bekhouche Malek du SETE-UGTA.. Ils sont accusés d’avoir participé à des grèves cycliques durant les mois de janvier, février et avril derniers. incitation à des grèves illégales, appartenance à des syndicats non reconnus et déconsidération des décisions de justice sont, entre autres, les griefs retenus contre eux. Le porte-parole du CLA a improvisé un point de presse dans le hall du tribunal. Il a rappelé que le ministère de l’Education a eu gain de cause en poursuivant les syndicalistes par l’intermédiaire de la chambre administrative avant de déposer une seconde fois une autre plainte. Selon lui, ester en justice des animateurs syndicaux répond à l’objectif de » casser » à la fois » le mouvement de grève et la coordination intersyndicale » initié par les enseignants. Estimant que le ministère use de » menaces » à l’encontre des grévistes, il a reconnu cependant que des membres de l’Intersyndicale sont contraints de faire marche arrière de peur de représailles. M.Osmane s’est offusqué de ce que le premier responsable du département de l’Education ait » transformé la chambre administrative et le pénal pour des espaces de liquidation du mouvement revendicatif. » Pour lui, la mobilisation continue malgré le rouleau compresseur de l’appareil judicaire. Il en veut pour preuve la présence de syndicalistes et des animateurs des Arouchs à savoir Belaïd Abrika et Mohamed Benchicou, journaliste et directeur du quotidien Le Matin incarcéré pendant deux ans, venus exprimer leur solidarité aux enseignants traînés devant la justice. Le porte-parole du CLA a appelé l’ensemble de la société civile à plus de dynamisme et de réaction face à l’instrumentalisation de la justice avant de dire que les décisions de justice sont sidérales. » Nous n’abandonneront pas notre droit de citoyen à recourir aux grèves « , a-t-il conclu. Sadali Mohamed Salem, secrétaire général de la SATEF, poursuivi, lui aussi, en justice, a exprimé son regret de voir ses collègues traînés dans la boue au moment où les élèves passent les épreuves du baccalauréat. » C’est une humiliation « , a-t-il déploré, consterné. M. Sadali a soutenu que le ministère de l’Education prône la politique du bâton et de la carotte. Il a souligné qu’ils sont poursuivis sur la base de la loi 90-31 régissant les associations alors que l’Intersyndicale est soumise à la loi 90-14 régissant les syndicats.
Hocine Lamriben
